No sugar ! (Ifsi et (b)là)

23 janvier 2010

C’est dans les vieux potes…

Classé dans : 1 — leilacarter @ 12:30

…qu’on fait les meilleurs cons, figure-toi.

Depuis peu de retour dans mon ancienne baraque, j’ai réaménagé ma piaule, et décidé de nettoyer enfin ce grand et terrifiant « bordel du dessous de mon lit ». J’ai retrouvé une feuille écrite ici il y a environ 6 ans (vu l’état…), au crayon, pleine de poussière. D’ailleurs, en relevant la feuille d’un coup sec (normal, quoi), j’ai pris un nuage dans la tronche. Moi qui croyais que ce genre de choses n’arrivait que dans Indiana Jones, hé ben non !
Ah oui, la feuille. Parce que sinon, ça sert à quoi que je commence à la décrire, je vous le demande. Non, je vous le demande pas, je m’en fous de votre avis, puisque c’est moi que j’écris. Donc, cette feuille a manifestement été écrite pas moi, je reconnais ma syntaxe, ma calligraphie… Et en relisant de plus en plus près, il s’agit du résumé d’un de mes rêves, que j’ai écrit à chaud de bon matin.

En voici une bonne lichette :
Dream
Opposition bien et mal dans un appartement sombre (on est apparemment gentils).
On en chope deux qui voulaient rentrer chez nous qui sont arrêtés par des portiques d’Auchan.
Je me sape en l’un d’eux histoire d’aller pécho des docs chez eux (ndlr : dans la marge, il y a inscrit à cette ligne « traverser les murs »).
J’arrive chez eux et je me la joue amnésique.
Je tombe sur celui que j’usurpe. Pas de surprise.
Ils me laissent jouer aux fléchettes.
J’écoute la conversation.
Il (le méchant) prépare un sort.
Je me casse en emportant un truc devant eux.
Je retombe sur nos prisonniers chez nous.
On n’est que 3 gentils, on court essayer d’en empêcher de rentrer -> marche pas, ils passent quand même. Au moment de l’explosion finale, un gentil arrive et montre une vidéo apparemment incompréhensible de la chef méchante. Trève.
Zoom arrière : l’immeuble dans lequel on est est un bateau long, vide, paumé, on voit une île au fond.
Quelqu’un en bas nous demande de descendre à la corde, ce qu’on fait assez maladroitement. Il nous engueule de la serrer trop fort. Je descend.
- « C’est ça que tu appelles descendre ? »
- « Ouais »
- « Je t’en foutrais, moi… »
…dit-il en levant la main.
Apparemment, les organisateurs du groupe (?) nous font faire un jeu pour nous réconcilier.
Il faut se tenir par les épaules deux à deux et marcher au même rythme. Je me mets avec une fille qui ressemble beaucoup à Shaina. On fait notre chemin. Elle dit rien. Les boules peut-être. Elle est méchante, après tout. Marc vient m’emmerder avec elle (revanche ?). Et nous, un peu gênés, on rougit, et on le renvoie mort de rire.
On continue. Shaina m’entraîne vers ses potes. Je veux l’en empêcher en nous faisant tomber. Trop tard. On tombe au milieu du groupe.
- « Tiens donc, mais voilà une patte blanche ! »
- « Ça fait mal si j’appuie là ? » (il montre ma chemise j’ai pas mal, je lui réponds)
- « Oui »
- « Oups »
Il marche dessus. Shaina est mal à l’aise. Elle a un espèce de talisman/arme pour me tuer. Je me relève en hurlant et je frappe sur tout le monde sans effet notoire en prenant compte de mon pied (?).
Puis j’entraîne Shaina avec moi tandis que l’orage arrive.
- « Non, fais pas ça, Shaina est la foudre, on va la tuer si elle reste avec toi ! »
- « Allez-y, tuez-moi, et vous ne risquez rien »
- « Quoi ? »
- « Allez-y, tuez moi et vous la tuerez car elle contrôle la foudre »
On s’enfuit, les autres abasourdis, et on arrive au monospace qui nous attend sous un toit en bois. Shaina est déjà devant avec une amie qu’elle taquine. Je m’asseois à côté d’Aichatou qui me fait la gueule. Plus de souvenirs concrets ensuite. Il pleuvait.
Je crois que je me suis fait ma copine à un moment »

Le pire en me relisant, c’est que je revois ce rêve

20 janvier 2010

Jamais deux sans trois

Classé dans : 1 — leilacarter @ 8:33

Je viens de finir une semaine digne d’un enfer sur Terre.
Suite à un épuisement physique, je fais des analyses, je pars ensuite chez mon père pour déménager quelques miens effets, je donne des cours de guitare à un jeune garçon (vous comprendrez après pourquoi ça fait partie de l’enfer)… Le dimanche matin, je pars travailler en maison de retraite pour un remplacement. La matinée se passe très mal, je me fais engueuler par les infirmières qui me traitent comme de la charogne, je me fais engueuler par les résidents qui me traitent comme leurs esclaves… Et je m’enfuis enfin, après une désorganisation digne du ministère de la santé. De retour du travail, je décide d’aller attendre ma copine devant chez elle, pour lui faire un petite surprise au lieu de monter chez elle, comme c’est moi que j’ai les clés.
4 jeunes me repèrent de loin, et me cherchent l’embrouille pour des clopes. [Ellipse]. L’un d’eux lève le poing, je le chope à la gorge en milieu de son mouvement. Un : il est surpris, on dirait qu’il a peur. Deux : Il se dégage, et je prend un magnifique crochet du droit derrière l’oreille. J’ai la tête qui tourne, je vois trouble. Un coup de pied cogne mes lombaires. Je m’enfuis.
Plus tard, je suis au téléphone, chez ma copine, j’appelle les flics. Je leur raconte tout, et je chiale au téléphone, je pique ma crise en poussant un hurlement primaire, et je vais au commissariat déposer une plainte.
On me dit de revenir avec un certificat médico-légal.
Nuit de dimanche à Lundi : J’ai la gastro. Je vomis pendant des heures. J’apprendrai que c’est le petit élève guitariste qui me l’a refilé le lendemain. J’arrive pas à aller aux urgences en transport en commun sans risquer de vomir, aussi, je demande à un ami de m’amener en voiture (notons qu’à ce moment, on s’inquiétait pas tant pour une conséquence du trauma crânien que pour une gastro, mais on sait jamais…).
Les urgences me libèrent un peu tard, je repasserai demain pour les heures d’ouverture de la médecine légale.
Le lendemain, j’y retourne, j’oublie de prendre mon dossier, et je fais demi-tour une fois à 100 m de l’hôpital, pour aller le récupérer à mon domicile, dans les bouchons… Joie.
Je reste 4 heures dans la salle d’attente, tout ça pour un tampon et une feuille qui reprend mot pour mot le rapport du médecin des urgences. L’après-midi, je vais voir les flics. Je dépose une plainte. Rendez vous le lendemain pour consulter le fichier photo. J’en reconnaîtrai pas un seul.
Je rentre (enfin) « chez moi », ou plutôt chez « Mr et Mme futurs Bo-bos font une coloc avec une coiffeuse et moi », et ils regardent… Harry Potter à fond la caisse.
Vous conviendrez que ça a de quoi donner envie de s’emparer d’un fusil et de faire le ménage dans sa vie

14 janvier 2010

Syndrome de l’épuisement

Classé dans : 1 — leilacarter @ 4:36

A trop tirer sur la corde, on finit par s’effondrer. C’est ce qu’il m’arrive. Les cours, les partiels, mon déménagement, mon boulot de délégué, des problèmes informatiques qui me font perdre 3 heures quand je me penche dessus… Donc, ce matin, j’ai pas de force pour me lever, et je me retrouve à ramper jusqu’à mon armoire à pharmacie, vide. Comme prévu.
Essaie de voir si t’arrives à enfiler des fringues… Non, c’est la galère. Va te faire un café, mec, alors. Peux pas marcher, trop faible. Je me rendors, en cherchant les numéros des médecins ouverts à Toulouse, un jeudi. Je trouve pas, sauf à perpète les oies, chez un très bon médecin, mais souvent blindé de monde. Du monde des cités. En général toutes les ethnies sont là, mais on se retrouve souvent avec des gosses. Et là une petite beurette fait connerie sur connerie, à mes côtés, en toussant, chuchotant tout le temps, en offrant chaque magazine qu’elle trouve à sa mère, qui a abandonné son éducation en public, manifestement. J’ai une référence qui me vient à l’esprit, comme une fameuse phrase de Bigard : « Laissez-moi lui foutre une claque. Comme ça elle continuera de vous aimer. Moi elle va me détester, mais on s’en fout, on se reverra jamais. Et puis ça va détendre tout le monde ! ». Enfin, surtout moi, quand je vois des trucs comme ça qui bougent tout le temps ça me gonfle.
Un jour quelqu’un m’a dit : « Toi, les enfants, faut surtout pas qu’ils bougent, qu’ils fassent de bruit, et faut qu’ils obéissent à tout ce que tu dis ». Oui, c’est un peu comme ça que je vois les gosses en bas âge. Du moment qu’ils ne foutent rien de rien pour s’occuper d’eux-même ou des locaux, ils me doivent bien ça. Un père de famille russe avait dit « Ah ces français, j’aime leur façon d’éduquer : un enfant, on doit ni le voir ni l’entendre ».
Si seulement c’était vrai, en France. Quand tu vois la plupart des gosses qui sont une vraie plaie pour leurs parents et pour le public, tu aimes les moyens de contraception qui existent. Et surtout tu ne comprends pas pourquoi tu connais des gens qui veulent en faire plein. Et même pas pour une histoire d’alloc’s, mais pour une histoire d’amour. Ils aiment les enfants. Et à cause d’eux, y’a de plus en plus de monde.
Mais essayons de mettre au point justement cette situation. On a pu remarquer que la plupart des filles européennes qui veulent des enfants n’y arrivent pas. Arrivées à 25 ans, elles estiment que c’est la bonne période, mais elles ne peuvent pas, elles sont dans leurs études. Certaines arrêtent pour devenir femme au foyer (et risquer de ne pas avoir de retraite si elles se font larguer par leur mec : ça leur apprendra à ne rien foutre), d’autres continuent leurs études. Et arrivées à 30 ans, sans enfants, malgré un boulot, un corps de rêve, elles dépriment, parce qu’elles ne gardent pas les mecs.
Ils sont trop ceci, pas assez cela, ils aiment le foot, ceux qui n’aiment pas le foot sont trop peu virils… En plus d’être mal-baisées, elles ne font pas d’effort ces femmes.
Ceci est un troll, on l’aura remarqué.
Mais n’empêche, beaucoup de femmes suivent ce parcours, et sont sous prozac à 32 ans. Ça fait peur. C’est pour ça que je veux pas de gosses. Quand on voit le bordel financier que c’est, le bordel émotionnel, physique… Et puis il y en a qui en font plus parce que un c’est pas bien. C’est comme les poissons dans un aquarium, c’est pas joli quand on n’en a qu’un. Mais comme tout le monde est sous prozac, on décide d’abandonner l’éducation des enfants. Et c’est moi qui en doit payer les frais.
Tout le monde ici s’accordera pour me plaindre et admettre que toutes les plaies du monde me tombent sur la tronche. C’en devient triste.
Mais vous, là, tapis derrière votre écran, vous aimez ça, quand je trempe ma plume dans l’acide. Ça vous fait un divertissement, en plus si jamais je dis des choses politiquement incorrectes, ça vous arrange d’aimer ça, parce que c’est pas vous qui les dites. C’est facile de se planquer et d’attendre que les autres fassent votre boulot à votre place. Sauf que ça, c’est MOI qui le fais, compris ? C’est moi qui décide de rien glander et d’attendre qu’on me fasse tout et qu’on me le serve tout chaud devant mes yeux. Et je… ah excusez moi, le médecin va me recevoir.

Une grande batterie de test, traitement magnésium, vitamines, et éventuellement autre chose, ça dépendra de ce que dit mon sang

12 janvier 2010

Quand les vieux ne dorment pas…

Classé dans : 1 — leilacarter @ 2:27

4h du matin, cette porte tient bien. J’ai bien fait de caler le meuble des chiottes entre la porte et la cuvette. Le verrou a déjà sauté quand ces trucs ont tenté d’entrer. Elles ont enfin décidé de me laisser dormir, même si je pense que ce ne sera que pour une heure, seulement. Elles ont au moins arrêté de crier. Elles ont faim, ces salopes. D’ailleurs cette phrase me ferait beaucoup plus rigoler en d’autres circonstances.
J’étais venu bosser, comme toutes les nuits de cette semaine, dans cette maison de retraite. Rien de particulier, encore, rien que des transmissions de base :
Escarres
Diarrhées
Pas de diarrhées
Prend le personnel pour ses enfants
Chutes
Comme d’habitude, je faisais mon tour, et je décidais de finir par Mme Monné. J’entrais dans sa chambre avec un thermomètre à mercure, pour vérifier ses constantes. Pauvre femme, dire qu’il y a seulement 4 mois, elle allait encore bien. A présent, depuis son accident vasculaire/cérébral, elle est en état aphasique. Toute la journée elle reste dans son lit à regarder le vide, à perdre du poids, et à me faire de la peine. Bref, j’entre. Mon thermomètre explose en touchant le sol, je l’ai lâché. Quelle ne fut pas ma surprise en la voyant debout, en train de se rhabiller. Assez maladroitement, certes, mais elle avait l’air en forme pour ses 30 kgs de perfusion (les os sont pas si lourds en fait).
Je lui dis de retourner au lit, qui est d’ailleurs ravagé, les draps maculés de sang tout frais. Je m’approche d’elle et je vois ses yeux, habituellement vides, plein d’entrain, jaunes.
« Ça y est, elle va me claquer dans les bras ! ». Bah non. Elle se jette sur moi en me bavant dessus, et essaie de me mordre. Une hanche avec une prothèse, si on s’en sert pas, ça se raidit. Et c’est ainsi que sa jambe droite se détache de son tronc, et elle tombe comme une merde.
Si j’avais su, je l’aurai achevé sur le moment. Mais non. J’appelle ma collègue, avec mon bip, en speed et en stress. « Mme Monné s’est levée, y’a du sang partout, elle est par terre, pitié, viens m’aider, appelle le samu ! ». J’attends ma collègue. Elle a été infirmière en Algérie, elle a donc des connaissances, même si elle n’a pas fait son équivalence française. Pendant ce temps, Mme Monné essaie de ramper vers moi, et chaque fois que je l’empêche de bouger pour éviter un autre incident, elle essaie de me mordre. Noéme rentre. Mindfuck. « Putain, mais t’as fait quoi ? ». « Mais j’en sais rien, je suis arrivé, elle était debout, puis elle a marché vers moi, et elle s’est croûtée, là ». « T’avais mis les barrières ? ». On regarde tous les deux. Les barrières étaient là, oui. Elle les a juste esquivé.
« Bon, j’appelle le samu, recule, faut toucher à rien… Allô ? Oui, Noème, aide-soignante à la maison de retraite la Cascade, je vous appelle car une de nos résidente vient de faire une belle chute… Là, elle est par terre… Oui, elle m’a l’air consciente, du moins, elle ne dort pas… Sa jambe droite est arrachée… Non je rigole pas, c’est bien ça… les yeux sont jaunes…vous mettrez combien de temps ? … bon ça ira, on reste à côté pour s’en occuper… Vous savez où c’est ? On viendra vous ouvrir… 4e étage… » Elle raccroche, regarde la scène. Elle manque de vomir en revoyant le sang qui part de sa hanche. « Faut qu’on fasse vite un garrot, merde, appelle Mireille, qu’elle se déplace, c’est une urgence, elle comprendra, faudra aussi appeler… AAAAAAAAAAAHHHHH SALOPERIE !… »
Elle venait de se faire mordre à la cheville. Mme Monné s’y tenait extrêmement fermement. Je courrais pour l’aider, car Noème n’arrivait pas à se libérer. J’attrapais une cuiller pour faire levier sur les dents, mais pas moyen de desserrer, la tension était trop forte. « Fais quelque chose, Hadrien, elle va m’enlever un bout ». Faire quelque chose, faire quelque chose… Voilà. Je venais de prendre l’extincteur, et je tapais sur son crâne pour la faire lâcher. Pas moyen, elle tenait encore. Le sang coulait le long du pied de Noème, qui criait de douleur. Les sonnettes de résidents réveillés par le bruit fusaient dans le couloir et sur mon bip. Je décidais d’enlever la goupille, et j’arrosais le visage de l’aliénée…
Elle lâcha, ou plutôt, la chair de Noème lâcha. Elle perdit un bout de sa peau pendant que le froid faisait reculer la bête. D’instinct, je lâchais tout, et pour éviter une autre morsure, traînais ma collègue hors de la chambre, que je fermais vite à double tour, entendant un cri rauque depuis l’intérieur, celui de Noème derrière moi, et ceux des vieux qui venaient d’assister à la scène à leur réveil inopiné.
« Ah putain de sa mère ! J’ai mal, j’ai mal [insérez des insultes en arabe] ! Remets-moi un coup d’extincteur, ça anesthésiera ! »
« Heu je suis pas sûr que… »
« Donne ce putain de truc, maintenant ! »
Le client est roi, je la laissais s’en mettre une couche. Sa cheville était devenue blanche et du sang coulait, beaucoup, faisant une flaque de plus en plus grosse. Alors que je disais aux résidents de retourner au lit, je mettais ma collègue sur un fauteuil roulant, pour l’amener à l’office, histoire de laver la plaie. Je descendais à l’infirmerie, pour aller attraper des compresses, de l’alcool, et du doliprane. C’est tout ce qui m’est venu à l’esprit. Je remontais, la trouvais dans l’office, livide. « Ça va ? » « Non, j’ai la tête qui tourne, c’est la vue de mon sang qui fait ça, faut que ça s’arrête ! » « Tu saurais te faire un garrot ? » disais-je en arrachant des lanières à ma tenue d’ASH. « Ouais, ça je peux, vite fait. Descend, le samu devrait être là ».
Je descendais 4 à 4 les marches, risquant de me casser la mienne, de cheville. Heureusement que je ne suis pas fetish des pieds. En effet, le Samu était là, devant le portail, et entrait, l’un d’eux devait avoir le code. J’ouvrais la porte d’entrée avec la clé, que pour une fois, j’avais dans mes poches. La tête qu’ils ont tiré en me voyant. Imaginez la scène : on vous appelle dans la nuit pour une intervention de chutes en maison de retraite, un jeune aux cheveux rouges vous ouvre, torse nu, du sang sur ses mains et sur ses pompes pas réglementaires, et l’air complètement fou.
« C’est la cata, il va falloir une deuxième ambulance, je crois ». « Putain, mais vous êtes qui ici ? » « Étudiant 1ere année infirmier, je taffe ici en remplacements pour me faire des thunes, vite, venez ! ». Je les mets au courant dans les grandes lignes de la situation, et ils ouvrent grand les yeux. Je pense qu’ils me prenaient pour un dingue. Mais en arrivant en haut, ils se rendaient compte que c’était un joyeux bordel. C’est une expression.
En haut, ça se mangeait dans tous les sens, cherchant le premier être humanoïde à portée, pour en prendre un bout. Les choses se sont passées très vite. D’abord, l’un des gars a appelé sur sa radio pour avoir des ambulances en plus, pendant que l’autre essayait de calmer les doux dingues de la viande. Il l’a pas fait longtemps, d’ailleurs, quand il a commencé à se faire mordre, il a arrêté, puis, quand plusieurs des vieux qui se mangeaient entre eux ont regardé son collègue et sa radio, on a décidé de vite se replier. 2031 A, 2031A… voilà ! La porte qui menait à la zone de travaux de l’étage nécessitait un code et se rebloquait une fois fermée.
« Merde, Raymond ! Raymond ! Ils le bouffent ! Mais qu’est-ce qu’il se passe ici, bordel ?! »
« J’en sais rien, quand je suis venu ouvrir, ils étaient juste en train de chercher gentiment ce qui se passait, après que Mme Monné a bouffé la cheville de Noème. Et je l’ai laissée dans l’office… » Mais je pense pas qu’elle y est restée longtemps, je la voyais au loin, en train de boiter, le regard plein d’envie, du sang qui coulait le long de son torse depuis sa bouche. Je pense qu’elle s’est servie sur un des résidents qui a dû venir la voir… Putain, elle qui mange hallal, je comprends pas.
Pendant ce temps, les autres essayaient de passer la porte, mais sans succès. L’aimant était assez fort pour les retenir. Et puis j’ai entendu ce bruit qui m’a collé les miquettes. Un grincement qui venait de la foule. Un grincement de porte.
Celle des escaliers. Ils commençaient à descendre. « Ils vont en bas ! L’ascenseur, vite ! Heu, non, les autres escaliers, faut vite descendre ! On pourra peut-être pas sortir, sinon. » L’homme me suivait, il savait que je connaissais mieux que lui les lieux. Pendant qu’on descendait, j’entendais les portes des autres escaliers qui s’ouvraient, et des cris d’horreur des autres résidents qui devaient servir à nouveau de buffet, avant d’en réclamer.
Premier étage. Mon étage. On peut pas descendre plus bas. Alors, on se jette dans l’office, pour je ne sais quelle raison. Ah si, j’attrape un bip. Au moins, je peux appeler l’extérieur.
Blam ! Ils sont arrivés à notre étage, il faut qu’on sorte. Arrivés à la porte, je trouve pas mes clés. Je peux pas ouvrir. Blam ! D’autres sont arrivés de l’autre côté du couloir, ils ne nous ont pas encore trouvé. Ah, tiens, si. Pas d’issue, je joue pas au fou, je ne foncerai pas dans le tas. « Ça ouvre quoi, ça ? » demande l’urgentiste. « Rien, c’est sans issue » « On s’y enferme, pas le choix ».
Ces portes avec des cadenas à chiffre… 3467Y…non, heu 6574X… rhâ… allez ! 3245Z ? Oui! J’ouvre. Les affamés sont sur nous, j’entre, et derrière moi, j’entends le type du samu. Il crie. De douleur. Je referme la porte sans me poser la question. Je suis seul.
Seul.

Dans les chiottes. Comme ils essaient de passer en tapant dans la porte, je décide de caler le meuble à PQ entre la porte et la cuvette, de manière à ce que la porte soit vraiment bloquée. Bien, reprenons nos esprits. Je suis seul, ils sont plein, je suis bloqué… Oh putain, l’angoisse. Je crois que je vais vomir. J’ai la présence d’esprit de viser dans la cuvette. Je fais bien, car je vomis. Et pas qu’un peu. Faut que je digère ce qu’il vient de se passer.
Je suis là, seul, dans les chiottes, à tourner en rond. Je décide de prendre mon bip pour appeler. Oui, mais qui ? On ne me croira jamais, si je raconte ça… Ils vont me prendre pour un fou, d’autres viendront, et ça va être l’enfer, dans Toulouse.
Ah mais… de toutes façons, mon bip est devant la porte. Les sonnettes des résidents sont toujours activées, et j’entends mon bip, de l’autre côté.
Je crois que ça va être une longue journée.
J’ai plus qu’à espérer qu’ils se seront tous bouffés entre eux avant que la relève arrive. C’est dans 3 heures. Si jamais la bouffe ne passe plus, je prie les cieux pour que ces espèces de zombies aient l’idée de faire un trou normand.

30 décembre 2009

Ta gueule la vieille !

Classé dans : 1 — leilacarter @ 7:17

Afin de ne pas finir en prison, bien entendu, les noms sont changés, si peu.

Ce qui est bien quand on fait les nuits, c’est que personne ne vient faire chier sur la manière de faire le travail. D’autant plus que travailler pendant 10 heures d’affilée demande une certaine organisation , enfin bon, une répartition du travail. Pour un travail juste, dans une maison de retraite juste.
C’est juste que tout dépend d’avec qui on travaille. Et là, je suis avec un cas.
Récapitulons : c’est une infirmière de bloc de la clinique du patio, qui a un angiome, est sous chimio thérapie, et n’est pas de la maison. Elle connaît personne parmi les résidents, a très peu d’expérience en nuits dans notre établissement. Et avec elle… moi. Et j’ai juste fait une nuit, hier. Autant dire que le duo est assez de choc.
Sauf que des éléments viennent pimenter le tableau. La personne avec qui je travaille est une paloise. Personne n’est parfait, dira-t-on, mais bon, déjà, elle a un problème avec la mentalité toulousoisaineuse. Elle est mariée à un chirurgien qui va bientôt partir « en Amérique » pour être « plasticien ». Elle revient de « Singapour » pour le « mariage de sa nièce ». Mais elle est une connaissance de la cadre de santé de mon établissement (et accessoirement un gros boulet), Mme Phallope. Déjà, ça a un peu le don de me crisper, mais c’est juste le début. Quand je lui demande des trucs sur la cadre, elle la plaint :
« Oh oui, la pauvre, les filles d’ici ne l’aiment pas du tout, mais enfin, c’est normal, avec toutes ces filles… regarde moi ça : des noires, des arabes… Elle devrait plutôt prendre des gens diplômés ! »
Je me retiens de lui planter ma fourchette dans sa main squelettique (comme le reste de son corps, d’ailleurs), et aussi de lui signaler que beaucoup des aide-soignantes ici sont diplômées infirmières dans leur pays d’origine, et font un boulot moins payé, alors qu’elles ont les compétences requises pour l’emploi. C’est juste que la loi française est contre, mais bon, on ne dénigre pas ses collègues.
En plus, qui es-tu pour parler, hein ? T’es pas foutue de respecter la moindre règle d’hygiène ou de politesse avec les résidents les plus aimables. Encore une connasse qui a dégotté le poulain à la faculté de médecine pour se trouver un job pas cassant et une situation. C’est juste que pour le prestige, elle est « IBOD : infirmière de bloc opératoire [insérer référence manquante] ». Mais madame vit dans le luxe, pardon. Elle a un appartement à Paris, et aime cette ville, un vieux moulin en Ariège, qu’elle retape pour les beaux jours, un hôtel particulier haussmanien en centre-ville…
Faudrait qu’elle fasse attention à ce qu’elle jacte. Si ça continue, elle va me chauffer doucement.

Déjà que les chiants ont fait leur office aujourd’hui.
A peine je commence la première tournée que Mr Larat (prononcez comme dans Iznogoud) décide de sonner. Par sonner, j’entends maintenir la sonnerie et appuyer à moultes répétitions de manière à ce que tous les résidents se réveillent et à ce que je rentre dans sa chambre au bout de 5 minutes, en défonçant la porte, et de l’engueuler copieusement sur l’abus qu’il fait. Ma collègue fait comme tout le monde, ici : elle débranche sa sonnerie, mais repassera dans une heure. De toutes façons, sa femme aussi a une sonnette, et elle est dans la même chambre. Il me dit : « Mmmgnnanaanaa fieuuuesque ttttouuuuuuuuuuuééééééannn caca ». Non monsieur, de toutes façons, vous ne chierez pas sans suppo, c’est un fait avéré. Si on veut que ça chie 3 fois dans la journée, faut donner 3 suppos.
Mme Labyrinthe, qui sonne pour qu’on lui confirme qu’elle est bien sur France 2. Non, c’est tout, vous pouvez disposer…
Oui, madame la baronne.
Tiens j’y pense, mais Madame « Prout à heure fixe » ne fait pas chier la nuit au moins.
Mme Hibou, qui décide de me prendre pour une buse, encore une fois, en me disant qu’elle a déjà eu les médicaments du soir, et qu’elle les prendra quand je serai parti, seulement. Je lui fais comprendre que c’est ça ou rien, et que si elle ne les prend pas devant moi, je dois les jeter, car c’est le protocole. Après lui avoir cassé les phalanges, je récupère le doliprane, et le jette. Pas le choix, c’est con, hein ?
Là, je suis planqué enfin dans la salle à manger du personnel, j’ai amené mon ordi pour « bosser » en regardant Ghostbusters, et en tapant cet article sainement acidulé, plein de hargne. Je suis peinard pour au moins 2 heures.

Bon film

ps : une grande citation de ma collègue : « Les gitans, ils vivent dans la terre, et bouffent de la merde, mais ils sont jamais malades »

26 décembre 2009

Elucubrations

Classé dans : 1 — leilacarter @ 3:16

Ma mère m’a dit « Antoine ! Fais-toi couper les cheveux… »…
Non.

C’est pas ça, mais les connaisseurs comprennent quel rapport il y a (ow yé).
Là, j’écris ces lignes, il est vachement tard, et je sors d’une semaine à me faire chier dans une autre maison de retraite. Sauf que là, je suis payé, et vraiment, pas comme un stage. J’ai pas besoin de nommer l’établissement, il suffit juste que je dise que c’est le plus moisi, et les connaisseurs visualisent.
En fait, ce qui m’a tué, là-bas, c’est pas tant que je suis dans un lieu insalubre, mais c’est plutôt une histoire d’ambiance. Comment avoir une cohésion, un esprit d’équipe, si la coordinatrice inspire la haine à tous ses subordonnés ? Et pis, pourquoi la réunionnaise de l’équipe elle travaille toujours les soirs, se tape tous les jours fériés, et n’est pas payée plus que le smic ? Pourquoi j’apprends des choses sur moi que je savais même pas que je les avais faites ?
Bref, y’a une putain d’ambiance, vous l’avez compris. On rajoute à ça une pincée de désorganisation, et en remuant bien la merde, le cocktail sera sûrement aussi explosif qu’une bouteille de champagne dans un anus. Pour vous donner une image, je sais même pas exactement les horaires que j’ai les trois prochains jours. Et je risque de me faire engueuler, si je me trompe d’heure. Me faire engueuler par celles qui ne foutent rien, et t’attendent pour te laisser du boulot, pendant qu’elles vont fumer. Ce qui est drôle, c’est que quand il y a des remplaçants, en sous-effectif par rapport à l’effectif normal, ça va plus vite, en général…
La matrice a décidé de tourner sous Millenium, dans cet établissement.

Je pense qu’on aime pas les grandes gueules qui ne montrent pas d’émotions. Le premier jour, je me retrouve dans la merde après le repas : une personne que j’installais aux chiottes via une machine et un harnais risque de tomber. Le harnais se décrochait, j’étais seul, et ma collègue jouait au fantôme. Elle aime pas travailler, tu comprends… Et alors que j’évitais une chute à une vieille dame, le bipeur sonne. Je décroche :
« Hadrien, tu as oublié Mme Machin à la salle à manger ! »
« Bah c’est possible, mais là, je suis occupé, bibiche »
« Attention à toi, les filles vont parler et tu verras la directrice demain… »
« Bon écoute, je m’en fous, là ! C’est ça ou alors tu vas m’aider à remplir une fiche de chute ! Et après tu expliquera ça aux familles, c’est toi qui bosses ici à l’année… Alors Mme Machin elle va attendre »
Et j’ai raccroché, j’aurais dû lui dire d’aller la chercher, mais elle aurait trouvé un prétexte. Connasse.
Sinon, la fille d’un résident qui te voit dans le couloir, elle a des vêtements sous le bras, et te fais signe de venir avec son doigt, sans dire un mot :
« Ça c’est pas à mon père ! »
« C’est cool, et alors ? »
« Je sais pas, enfin, faut pas être sortie de St-Cyr pour savoir lire une étiquette, mince ! »
« Et si jamais c’était une faute d’inattention, vous y avez pensé, avant d’insulter le personnel soignant ? »
« Écoutez, je paie 2000 € pour que mon père… »
« Oui, ça va, si on m’avait donné un euro à chaque fois qu’on me l’avait dit… Vous payez autant que tout le monde, madame, et cela ne vous donne aucunement le droit de vous énerver ni d’insulter l’équipe, qui, je sais pas si vous avez remarqué, est en proie à de nombreux problèmes, notamment des absences maladies. »
C’est comme ceux qui veulent que ce soit LEUR parent qui soit lavé en premier. Ils sont légion à avoir ces exigences.
Y’a aussi madame la baronne qui veut qu’on la mette le soir sur les toilettes en la levant de son fauteuil (alors que le médecin nous interdit de trop le faire pour de bonnes raisons) à 40 minutes d’intervalles. La première fois pour péter, la deuxième fois pour pisser (sic). Parce que madame ne peut pas péter assis. Et d’ailleurs, sa fille est allée péter un scandale (tiens ? lol… « péter »…mouarf) chez la directrice, parce qu’on ne mettait pas sa mère aux chiottes pour qu’elle pète.
J’aurais honte de dire ça. Je me vois mal dire dans quelques années si mon père est dans le même cas que c’est un scandale qu’on ne le laisse pas péter à heure fixe.
Ou bien celle qui dit « Je refuse que mon père mange dans cette salle à manger : mais enfin, il est entouré de gens qui sont débiles ! ». Bah oui, mais si il choisit, hein ? Et puis, attention aux mots que vous employez, d’accord ?
Non, vraiment, pour moi, la plaie, ça sera et ça a toujours été le client.

18 décembre 2009

Accompagnant

Classé dans : 1 — leilacarter @ 11:28

C’est le matin, je sors de chez moi. Mon widget m’indique -6° et de la neige. On dirait pas tant que ça quand je sors, après tout le sol est juste complètement recouvert de…rien ! Mais quand je rentre dans le métro, les flocons tombent et commencent à recouvrir les trottoirs d’une fine couche blanche. Je ressors à Jean Jaurès, plus de métro, cette grève est chiante, décidément. Un bus arrive et se dirige vers St-Michel, je décide alors de l’emprunter pour me rapprocher de Paul Sabatier, j’ai du chemin à faire. Au bout d’un arrêt, sa radio lui crie de faire descendre tout le monde et de rentrer au dépôt. Bref, las, je descends, et décide de faire le chemin à pied, j’ai un examen à faire, je sais pas comment ça va se passer.
Un mec se dirige dans la même direction que moi, manifestement, et est en train de gueuler dans son téléphone. Il doit avoir mon âge, vu ses fringues, et son sac à dos d’étudiant. On se rend compte qu’on va dans la même direction, et que ça va être dur d’arriver dans les temps. Lui aussi a quelque chose d’impératif ce matin sur son lieu d’études. On discute, et on décide de marcher ensemble. En plus je sais pas comment faire à pied. 3 ans que je fais ce chemin, mais que par le métro : je connais pas le chemin
Palais de Justice. On risque de se vautrer devant les voitures en traversant. Ça glisse, bordel ! « Au moins je suis pas grand, si je me casse la gueule, c’est pas de très haut! » Il a de l’humour ce con. « En plus je suis bien content, j’ai mis mon jean et mes pompes de randonnée, mais sans penser à la neige ! ». Ouais c’est sûr, avec mon pantalon en toile, je chiale. Il sort son téléphone pour appeler sa responsable. Apparemment elle est de travers sur la rocade, qui est elle-même bloquée. Youpi… Tiens mon téléphone sonne, aussi. Oui ? Ah… bon ben je vais appeler tous les autres… L’examen est reporté à la rentrée, c’est cool, mais bon, je vais quand même à Rangueil, j’ai des choses à y faire.
St-Michel, mon compagnon va demander si le métro refonctionne, et revient avec un 20 minutes. Avec le vent et le froid, il n’arrive pas à tourner la quatrième page. Il vient de geler d’ailleurs. On continue de marcher sous la neige, bien motivés. Puis il aperçoit une BMW et fonce enlever la neige du pare-brise. Son regard est plein d’étoiles. Puis il pose le journal sur le pare-brise, et remet de la neige, qui est recouverte par celle qui vient du ciel. « J’aime pas les gens qui ont besoin de montrer qu’ils ont du fric, alors, je décide de le faire chier. En plus il a de quoi lire, j’ai dû le laisser à la page ‘jeux vidéos’ « . En effet, ça me fait rire, tiens. Au moins un mec qui rigole bien de la neige.
St-Agne. On doit passer sous le pont. Je passe devant, et je le vois faire du patinage avec ses pompes. « Je suis sûr de pas tomber, comme ça ! ». Pourquoi pas, après tout.
Périph’. Pas un bruit. C’en est flippant, presque. Enfin, c’est comme ça qu’on le perçoit, les voitures n’avancent pas, donc les moteurs sont au ralenti. Tous les bus sont rangés sur le côté. On arrive sur Rangueil, la neige est de plus en plus épaisse. Mon téléphone sonne, et c’est un camarade de promo. Il vient de crasher sa caisse. Enfin, on lui est rentré dedans, plutôt. Je me retourne. Mon camarade a disparu. J’entends un « plaf » et je le vois sortir du jardin d’une maison en criant « WOUAAAIIIIISS!!!! En plein dans la vitre ! ». Bah dis-donc, pour une boule de neige, il a vraiment beaucoup d’entrain ce type. Pendant qu’on continue de marcher, j’aperçois les tripodes de Paul Sab’. Pendant ce temps l’autre gosse prend ce qu’il y a de neige sur les voitures pour en faire une grosse boule. « Trouve-moi une cible, mec ! Y’a pas de voiture qui n’a pas de neige. » Il t’en faut une comment ? « Une qui sort du garage, si possible, c’est pas juste pour ceux qui ont laissé leur voiture dehors ». C’est un point de vue. Je le vois s’arrêter, viser, prendre son temps. La boule part. En plein sur la carrosserie d’une Micra. On crie tous les deux comme des supporters de l’OM. Je le félicite, c’est pas grand comme caisse. En plus, en mouvement, de l’autre côté de la route… Non, franchement bravo.
On arrive au croisement au niveau de la fac de médecine. Il me demande où je vais, puis me dit qu’il doit traverser la route pour aller dans sa direction. Je lui souhaite bon courage, il va en avoir besoin. Et qu’on se reverra un de ces quatre. « Y’a des chances, je connais peu de gars de ma taille avec les cheveux rouges ! » Dit-il en montrant ses cheveux, avant de se diriger vers l’hôpital.

Hadrien.

Il dit qu’il s’appelle Hadrien.

9 décembre 2009

Loi de Murphy et ATM

Classé dans : 1 — leilacarter @ 11:54

Alors, il faudra qu’on m’explique pour monsieur Cartebancaire a créé la carte bancaire. Je veux dire, est-ce que ce monsieur s’est posé la question pendant une minute : « Et si mon système était très foireux sur Hadrien, qui n’est pas encore né, à l’époque où je commence à concevoir ça ? ». Parce que franchement, je morfle. Y’a des trucs, faut que ça ne m’arrive qu’à moi.
On va résumer les emmerdes que j’ai pu avoir :
- Un achat de 180€ a été effectué en aout 2008 pour un disque dur, et fut débité 4 mois après, je te raconte pas les emmerdes pour le loyer…
- Ma carte perd au fur et à mesure les numéros écrits comme les gravés
- C’est une Visa Electron, donc je suis refusé dans plein de magasins. Pour acheter un manteau et des pompes de goth, il a fallu que j’aille retirer le pognon, la carte ne passait pas pour 251 €. Explique moi à quoi ça sert la carte bleue si je peux pas l’utiliser comme moyen de paiement.
- Le pognon ne sort pas des distributeurs, enfin pas tout le temps, mais bon, en général, la transaction est annulée (ouf!)
- Tisséo n’aime pas ma carte, et me bippe de manière tout à fait méprisante et cinglante une fois sur deux. De toutes façons, je vois bien le regard en biais de cette putain de machine.

Bref.

La loi de Murphy, pour résumer, c’est « un principe empirique énonçant que si quelque chose peut mal tourner, alors cette chose finira infailliblement par mal tourner ». Et un ATM, en anglais, ça désigne un distributeur de billets de banque (ce qui donne en abrégé un DDBDB). Je pense que vous avez compris, les gens trop cons ne viennent pas me lire, après tout, et puis, vous m’aimez public chéri mon amour ! Et donc, quand je vais au distributeur, la seule chose que je ne veux pas voir se produire… se produit. Des mecs chelous qui viennent voir de loin si tu retires du pognon, et si t’es assez méfiant; le distributeur qui est en panne, alors que t’es en dèche de pognon, que c’est le seul à 5km à la ronde, et qu’on est samedi soir, et qu’il te faut des capotes; Le clodo, sinon, à côté de la machine, que tu te forces à éviter du regard en fixant le soleil et en sifflant…
Mais vraiment, j’avoue, j’ai pété mon câble il y a peu. C’était une belle journée, les oiseaux gazouillaient, j’avais eu plusieurs orgasmes dans la matinée, je m’étais tapé un bon apéro, j’avais assez de tabac, et je comptais aller m’acheter du jus de tomate au carrouf’ du coin. J’arrive à proximité de l’ATM, je stoppe mes pas pendant 3 secondes, histoire de vérifier que j’ai bien ma carte, et là… les 3 secondes ont suffi à ce qu’on me pique la place.
En effet, sortie de nulle part une black avec un énoooorme cul fonce et va mettre sa carte pour retirer son argent. Elle ne m’a pas vu, on dirait. Je me place derrière, histoire d’attendre, en fumant une clope parce que je suis énervé, à cause de cette salope. Car oui, putain, m’empêcher de retirer du pognon au moment précis où je comptais le faire est suffisant pour se faire traiter de salope. Et je suis sûr que vous-mêmes, chers lecteurs, êtes d’accord. Vous n’êtes juste pas obligés de le clamer en public, hein… Les mœurs ne sont pas encore assez enclines à évoluer dans votre sens. J’en étais où ? Ah oui, la dondon ! Comme je suis derrière elle, elle me voit dans le miroir, et se méfie grandement, et referme avec ses bras le champ de vision menant à l’écran et au clavier numérique. D’ailleurs, elle est tellement concentrée à protéger son patrimoine qu’elle en oublie de mettre sa carte dans le bon sens. Bon, recommence, écoute. Elle se penche, et bien qu’elle soit noire, sa peau montre de la rougeur sur ses pommettes , suite à cette erreur de manip’. Elle décide d’annuler sa transaction. Elle reprend sa carte, et se retourne. Et là, elle aperçoit un porte-carte dans ma main. Et là, elle me pose la question : « Ah, vous… ? » (traduction : « Je viens de me rendre compte que vous attendiez pour le distributeur, et non pas que vous vouliez me piquer mon fric, mais comme je peux pas vous dire ça, parce que je passerais pour une conne bourrée de préjugés, je vais dire trois petits points »).
Et moi de lui hurler à la face : « Ah mais non, au contraire, je surkiffe qu’un 38 tonnes m’empêche d’aller au distributeur, passe devant moi, me prenne pour un voleur, ne maîtrise pas le matériel, décide de ne pas utiliser la machine, alors qu’elle était venue pour ça, et pour couronner le tout, n’assume pas ses actes » huuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuh, je respire.
Je dois faire une crise d’adolescence un peu trop tardive. Mais, quand même, je suis maudit.

Prochain article prévu : « Les transports en commun ont eu raison de mon humanité »

7 décembre 2009

Les yeux doux d’Alzheimer…

Classé dans : 1 — leilacarter @ 11:16

…et la peau de banane de celles qui l’ont.

Je touche bientôt à la fin de mon stage en maison de retraite (« pas de noms »… on sait). Et sous peu je commence à suivre les infirmières. Le moment idéal pour récapituler tout ce que j’ai pu voir d’aberrant autant dans le service que chez certaines personnes soignantes. Déjà, c’est assez marrant de voir que d’un établissement à l’autre, y’a des choses qui changent pas. D’abord, le nombre de gens en fauteuil est toujours le même, très peu d’hommes chez les résidents, quasiment pas dans le personnel soignant (2, quoi). Et puis t’as les résidents typiques :

- La vieille aguicheuse qui prend toujours soin de son apparence, capricieuse, et sourit de manière presque lubrique quand un homme rentre dans sa chambre ou l’amène à la salle à manger, demande si ça te dérange pas si elle te tient la main, le lendemain si la caresse sur ta main ne te dérange pas, si t’as pas peur de t’afficher avec elle devant tout le monde. Alors que toi tu penses au prochain cul à laver…

- La vieille alzheimer qui est déjà partie, elle est dans un fauteuil particulier, reste pendant des heures dans sa chambre à écouter sa radio, en tirant la langue, ne se nourrit plus toute seule; grince des dents souvent car elle est contrariée et ne communique plus que par des syllabes répétées frénétiquement comme un joker. Au moins, elle mord pas.

- L’autre type d’alzheimer, qui a des difficultés de vocabulaire et remplace le mot barrière par « banc », sa couverture par un « [insérez un mot imprononçable si vous n'avez pas de dentier mal fixé et un relâchement des muscles qui donne un son ressemblant à une bouche pleine de marshmallows sous anesthésiants] rouge ». Comme elle comprend pas, qu’on la comprend pas, et qu’elle cherche ses mots, qu’on la ramène 45 fois par heure dans sa chambre en lui remettant ses chaussures, son dentier, ses lunettes, son pantalon, son pull (rayez la mention inutile), elle crie, comme ça, parce qu’elle est pas contente. Et moi de lui dire « Wooooh, hé ! Doucement les basses ! ». Et puis elle retombe en dépression. Ce regard de chien battu qui veut te demander quelque chose, quelle que soit ta distance d’avec elle, si tu rentres dans son champ de vision, et qu’elle voit que tu l’as vue, elle lève sa main mollement et vient vers toi telle un zombi de Romero (si, j’te jure, la vie de ma mèr… ah bah non) en disant « mvous v’nez ? ».

- La chèvre : elle est grosse, dans son lit, les nichons en guise d’aisselles (non, je suis sérieux, tellement elle est grosse), ne bouge jamais, chie quasiment tout le temps en liquide, ce qui fait qu’on passe plus de temps à tout nettoyer, et à changer. Ce serait plus supportable si, à chaque fois qu’on la touchait, elle fermait sa gueule ! Dès que tu t’approches d’elle : « ÂÂÂHH, vous me faites mâaal, vous me faites mâl, âah, vous savez pas ce que c’est vous, je suis vieille, il m’en faut peu pour souffrir, je sais bien que vous faites pas exprès, aaaah, ma jambe me fait mal, ma jambe me fait mâââl ! Vous m’avez coupé la jambe ! » etc., le tout d’une voix chevrotante… Et en plus, ça pue vraiment, sa merde à elle, parce qu’elle est sous antibios. Et là tu crèves d’envie que ça soit pas automatique.

- Le soldat : Il crève jamais. Il est en fin de vie depuis 2 ans, est pas capable de marcher, a une belle escarre sur le talon, a une sonde vésicale (il a un tuyau DANS SA BITE ! Oui oui !), mais il a a de l’humour, au moins. Par contre, il perd les pédales, le pépère, et ça donne des résultats chelous. Il m’a ainsi demandé si c’était pas dur d’être citoyen irakien, pour moi… Si je me plaisais à Dax, quand mon père allait passer le voir… Et maintenant il me parle de la loi des poissons contre les paras… Je te dis pas le bordel. Souvent, le papi soldat ne veut pas qu’on le lave, parce que « ça commence à me les brouter qu’on s’intéresse autant à mon derrière ! »

- La catatonique : ma version, avec ses cheveux gras, elle ressemble à Hitler, mais sans la moustache. Elle parle pas, ou alors chuchote quelque chose avec une expression faciale qui, sans le son, laisserait croire à des paroles sensées. Quand tu dois l’aider à manger, elle te regarde en souriant, et répond à tes « AAAAAHH » ou tes « mangez, madame [censuré] » que tu fais en hochant de la tête, par un hochement de tête amusé, genre « jouons au miroir ». Elle est raide. Pour la lever de son fauteuil, pour la poser quelque part, pour la déshabiller… un merdier. Mais comme elle aussi est sous antibios, elle chie mou, et ça déborde de sa couche, et y’en a partout. Au moins, je peux l’amener aux chiottes, pour ça. En général, je la déshabille à la barbare, autrement dit, son pull casse ou alors c’est son bras. En général, c’est ni l’un ni l’autre. Elle passe son temps à me faire les yeux doux, mais pas du tout ce que je lui demande de faire.

Passons au personnel :
Tout d’abord, c’est fou ce qu’il y a comme blacks ! Non, je déconne, y’en a une, qui part à la retraite. En revanche, un seul mec pour les aide soignants, et sinon, un médecin, un kiné, etc…

- L’unique mec, ben il pue le sale, le pas lavé, la transpi rance (en 2 mots, oui). La honte de la profession. Tu rentres dans une chambre avec lui, tu préfères presque l’odeur de merde qui déborde jusque dans les draps. Mais au moins, il est sympa. Comme la nana qui pue. Ah oui, y’a une aide soignante aussi qui pue, mais alors, pareil. Au moins, ils sont sympas, et font leur boulot correctement, c’est juste que dans un lieu où des soins, des toilettes sont effectués, ça la fout mal, selon moi.

- Les jeunes : elles sont pleines de fougue, ont la force de leur âge, mais aussi l’impétuosité de la pucelle face à une bande de caillera : elles croient bien faire, mais risquent d’avoir de sacrées surprises, en se rendant compte qu’on ne peut changer le monde, et surtout qu’elles vont bien s’y adapter pour en faire partie, et reprendre les mêmes erreurs que leurs collègues plus âgées. Elles sont toutes en couple avec des beaufs, et une sur deux est enceinte. A 22 ans. Un choix que je ne commenterai pas trop si je tiens à mes couilles. Bref, elles sont toujours à fond, sont vite énervées par les oublis de leurs collègues, de vraies cocottes minutes lancées dans un canyon. Au bout d’un moment ça fait boum.

- Les chevronnées : elles ont LEURS habitudes, LEURS patients préférés, LEURS façons de faire que c’est la meilleure et que si t’es pas content, je vais dire que t’as essayé de te taper madame Langlois, comme ça t’auras une mauvaise note à ton stage, et en plus je te montre pas comment on fait une toilette en « technique », et tu seras bien emmerdé le jour de ton évaluation de stage. Mouais, enfin, j’en ai pas d’évaluation, c’est le nouveau programme. D’ailleurs, on te lance des regards noirs pour ça. Alors on te montre rien, parce que sinon, on perd du temps, et on peut fumer que 13 clopes, au lieu de 14, le matin. D’ailleurs, si jamais on a pas nos 14 clopes, tu n’auras pas de café. Va leur dire que tu t’en fous et elles trouveront bien un truc à balancer sur toi à celle qui s’occupe de ton dossier de stage. Même si tu n’as rien à te reprocher.
On notera la meilleure phrase qu’on m’ait sorti : « Je trouve ça inadmissible qu’au bout de 3 semaines et demi [alors que j'en ai fait 2 en horaires de soir], tu ne saches toujours pas ce que prend Mme Muche pour son petit déjeuner ». Moi je trouve ça inadmissible qu’on mette autant de fond de teint, on dirait du plâtre. De plus, j’ai pas d’ordres à recevoir d’une nana qui estime que dès que quelqu’un est un peu alzheimer, on ne s’intéresse plus du tout à ce qu’il peut ressentir ou exprimer, sous prétexte qu’il est forcément en train de délirer.

- Le médecin : on le voit pas, c’est normal

- Les infirmières : elles aiment leur petite routine, et comme les aide-soignantes, elles profitent des stagiaires pour faire leur taf à leur place. Elles veulent pas trop t’avoir, et cherchent absolument à te faire passer une évaluation, alors que tu t’acharnes à leur faire comprendre que pour valider ton stage, c’est pas ce qu’il faut faire. Bref, tu laisses pisser, tout comme leur notion du respect de l’hygiène : pas de gants, pas de désinfection, rien ! Et elles te demandent de refaire ce qu’elles ont fait, mais en respectant le protocole d’hygiène et d’asepsie… Vraiment, faut se retenir.

Et ça, c’est juste le début

23 novembre 2009

La full

Classé dans : 1 — leilacarter @ 9:34

Je suis un cinéphile étudiant. On peut traduire cette expression par « j’aime les films mais j’ai pas une thune alors je les télécharge illégalement et j’emmerde les cinémas qui font des places cher ». Mais bon, je pousse un peu. Maintenant que c’est à 3.90€ la place, je peux me permettre, et ça c’est bon. Mais j’avais presque oublié pourquoi j’allais pas au cinoche : Les gens …
Les gens, la foule, les cons, quoi. J’ai mes exemples sous la main :
- Le Seigneur des Anneaux 1, 2 et 3 : plein d’enfoirés qui ne connaissent rien aux livres de Tolkien et qui gueulent et bouffent du Pop Corn.
- Star Wars Episode 2 : un connard qui décroche son téléphone et qui dit « putain je mate un film trop bien avec Yoda qui est en train de maraver la tronche à un vieux bâtard ! »
- Tous les « Taxi » (sauf le 4, j’ai boycotté) : Trop de djeun’s débiles
- 99 F : Des pétasses, et pourtant je comprend pas ce qu’elles y foutaient devant ce film (plus d’infos dans l’article « Quinze euros et des brouettes »)
- Pirates des Caraïbes : Des filles qui crient parce que Johnny Depp ilétroboooooooooooooo !
La liste est longue.
Samedi dernier, je m’emmerdais un peu chez moi, mais je m’occupais plutôt bien, à faire des meurtres en masse, comme disait mon père, sur mon pc. Et ma copine me propose d’aller voir un film dont je lui ai parlé plus tôt : « L’imaginarium du Dr Parnassus » par Terry Gilliam. Ah ouais, mais trop ! Bien sûr que ça me branche. On décide donc de se retrouver devant l’UGC, n’étant pas côte à côte mais sur Gtalk à ce moment là.
19.35, la séance est à 20.00, mais je sais pas si j’arriverai à prendre les places. Y’a un monde fou ! En même temps on est samedi. Mais merde, là, y’a vraiment beaucoup de monde, à tel point que la file d’attente va jusque sur la rue. Bon, soyons rationnels et cherchons une explication. Harry Potter, c’est pas encore, y’a plus de Star Wars ni de Seigneur des Anneaux… Et là, j’aperçois une affiche qui me glace le sang d’effroi : Twilight chapitre II (tentation).
Ça explique pourquoi y’avait autant de pétasses et d’ados emos dans le métro et devant le ciné. Je me demande encore comment un vampire aussi peu crédible et dépressif, peut déchaîner les foules… C’est quand même de la merde en boîte : les vampires vivent très bien en plein jour, kiffent les arbres, boivent pas de sang, tombent amoureux de cruches (mais ça encore, c’est normal), et…brillent au soleil, au lieu de brûler ! Désolé, mais le concept du vampire végétarien, ça pue. Bref, une foule pleine d’hormones en ébullition, et pas moyen de prendre ma place avant une demi heure. Je tombe sur un pote à mon pater qui va voir un film, un vrai, lui. Le même que moi. Il passe en VO, d’ailleurs, à ma plus grande surprise. Après avoir réussi à atteindre le guichet, on apprend que c’est complet et qu’on devra repasser plus tard pour choper les places à la séance d’après. Bon, c’est pas grave après tout, avec tout ce monde, je commence à étouffer. Donc, nous décidons de prendre des places pour la séance de 22.00, parce que merde, quoi ça fait chier de faire la queue pour presque rien.
Et voilà, on va manger un bout, pour revenir dans 2 heures.
Re.
Y’a quand même encore du monde, fait chier. Mais on a nos places-heu ! La queue est interminable pour arriver dans notre salle. Plein de djeuns’, je me demande d’ailleurs ce qu’ils foutent là, et si on va bien voir le même film. Après tout, c’est un film de Terry Gilliam, un ancien Monty Python. En gros, ça risque d’être bien barré, comme « L’armée des 12 singes ». Même dans la salle, je me retrouve à côté d’un copain de promo, qui est plutôt du genre à mater des blockbusters, pas des films chelous, si j’ai bien compris ses goûts. Bref, on regarde le film. Grandiose vraiment, et pour un meilleur aperçu : http://louvreuse.net/Critique/l-imaginarium-du-docteur-parnassus.html
Bref, le film finit, et Maria et moi sommes manifestement les seuls à avoir aimé, d’ailleurs on a été les seuls à rire quand c’était absurdement drôle. Toute la salle sort, déçue, en râlant, se demandant ce qu’elle a vu comme merde, et pourquoi elle a gaspillé 3.90 € pour ça. Mais je pense avoir l’explication de ce malaise.
Le film est avec Heath Ledger, vous savez, celui qui a pas supporté qu’on dise qu’il était pédé, après son film de cow-boy fringuant. Comme il est mort suicidé pendant le tournage, certaines scènes de l’imaginarium sont avec d’autres acteurs, habillés de la même manière que le personnage de Heath Ledger. Et pour ce casting, on a Colin Farell, Johnny Depp, Jude Law… Que des beaux mecs qui, en plus de jouer bien, sont plutôt mignons. Bref, je pense que la plupart des gens dans la salle ont mal compris.
C’est là que je suis bien content de crier à la fin du film, quand tout le monde se barre, sans attendre la fin du générique : « putain, ÇA, c’est un bon film ! ».
Et j’emmerde Télérama. Et la jeunesse, comme je l’ai toujours fait, même quand j’étais plus jeune.

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