Ceux qui me connaissent savent que je dors les oreilles bouchées. Certains disent que c’est pour ne pas m’entendre péter, d’autres (les filles donc) voient là mon incapacité totale à dormir avec le moindre petit bruit. C’est vrai, et alors ? Les musiciens ne peuvent pas dormir quand y’a du bruit selon moi, même si ils y sont habitués et censés avoir perdu de l’audition. Ou alors bourrés, et encore. Ca doit venir du fait qu’on écoute toujours la moindre chose dans une chanson, copieurs-nés que nous sommes. Enfin bref, moi j’en mets. Et ce depuis que j’ai redécouvert une boîte chez moi, quand je vivais chez mon père : mon père étant un grand fan de tango, mais pas de bonnes enceintes PC, j’ai toujours droit à un concert jusqu’à deux heures du matin, heure à laquelle il arrête de bosser pour son bureau. La solution est venue quand j’ai dû bosser pour mon bac (oui bon ça va hein…), j’ai mis des bouchons pour dormir. Et ça a super bien marché et ça marche encore. Actuellement, je les mets parce que la petite fille de cinq ans qui dort dans notre chambre ronfle (et PAS QUE quand elle est enrhumée, Maria, sinon elle est tout le temps enrhumée), ironique pour le ronfleur que je suis, je ne supporte pas le ronflement des autres.
Parlons maintenant du Mc Do. En fait, hier soir, tard, je suis allé chercher du Mc Do surtout pour ma copine, qui voulait un milkshake (beaurk, du lait !). Nous sommes 8 dans cette coloc, mais il n’y a que 5 jeux de clés. Donc, je dois emprunter celles de ma copine, qui les laisse très souvent à ma disposition, même en son absence, sur un meuble de l’entrée. Le fait est qu’hier, je sors, je prends les clés, Mc Do, je passe ma commande, je rentre, je monte vite les escaliers (c’est un duplex) tant que ma bouffe est encore chaude. Et je me cale dans la cuisine avec elle pour manger le Mc Do plus ou moins mérité. Vous remarquerez que je n’ai pas précisé où sont les clés. Elles sont dans ma poche droite, en fait. Je ne les ai pas posées. La suite est très prévisible, on descend se pieuter, j’enlève mes fringues, je passe un short, dodo.
Mettons ça ensemble. Si vous avez suivi, je dors avec des bouchons quiès, et les clés sont dans mon pantalon. La situation de film des frères Cohen se lance, à petite échelle. Maria se lève, ce matin, emmène sa fille à l’école, et compte revenir. Elle n’a pas le temps de chercher les clés, mais vous remarquez qu’elle aurait pu me demander, sachant que je dors moyen correctement quand elle presse sa fille pour l’habiller en disant des trucs répétitifs en russe que je traduirais par habitude prise avec mon père sans savoir un mot de russe (à savoir que c’est moi qui le pressait). Bref elle sort avec sa fille. Plus tard, à 9h, mon téléphone sonne le réveil, sachant qu’il peut faire réveil, même en veille. Je l’attrappe, et dépité, coupe le réveil. Il se remet automatiquement en veille. Je me rendors, me maudissant de l’avoir mis à 9h, plutôt que comme d’hab’ à 9h30. 9h11 les choses se mettent en place : Maria est en bas, ne peut pas rentrer, essaye de m’appeler et tombe sur mon répondeur, elle décide donc de sonner. Elle s’y prendra quatre fois avant de me réveiller. Je me lève instantanément en entendant la quatrième sonnerie, enlevant un bouchon. J’ouvre la porte de la chambre qui donne sur l’entrée, l’interphone, et le couloir donnant sur les chambres des autres colocs. J’ai pas le temps de respirer que je me fais sèchement allumer sans un regard sur mon incompétence à aller ouvrir. Soit. Désolé de pas pouvoir te parler, mec, et t’expliquer la situation, ni pourquoi j’ai pas été ouvrir. De plus je pouvais pas savoir que t’étais là aussi, à dormir. Mais bon, là t’es dans ta chambre, et je suis curieux de savoir qui monte, alors que mes idées sont pas encore claires.
Et c’est Maria qui entre, à ma demi-surprise, mon cerveau embrumé se remet en marche et trouve l’explication à sa présence : elle a amené sa fille à l’école, et décide de rentrer dormir un peu. Elle me fait remarquer que j’ai ENCORE oublié de remettre les clés sur le meuble à l’entrée. Lorsque je lui parle de la rouste verbale qui était ma première communication du matin, elle me fait comprendre que mon coloc avait quand même raison, bref que tout ça ne serait pas arrivé si:
1) j’avais laissé les clés au bon endroit
2) j’avais laissé mon portable allumé.
Résumons : Hier ma copine était contente, et me faisait plein de mamours parce que j’étais allé lui chercher un milk-shake avec ses clés, ce matin elle supporte clairement les sauts d’humeur de mon coloc colérique (c’est joli à prononcer, tiens…), me reproche d’avoir laissé les clés dans mon pantalon (je n’essaierai pas de lui dire qu’elle aurait pu me demander, m’attendant à recevoir une rouste verbale du genre “je devrais pas avoir à te demander où elles sont”), et commence à s’allonger près d’un Hadrien (c’est moi, au fait) blasé, fixant le vide, en lui faisant remarquer que c’est pas juste, parce qu’elle a l’impression que je lui fais la gueule, alors qu’elle ne m’a pas gueulé dessus, et que c’est moi qui suis en tort.
P’tain, mais qu’est-ce que tu peux faire dans ces moments-là ? Rien, je te dis. En plus, sortir avec une fille qui est aussi tetûe que toi, qui n’admettra jamais avoir tort, ou alors si, mais alors, faut la fermer après, sinon elle aura les glandes d’avoir eu tort (ce que je peux comprendre).
Enfin bref, il est 10h15, le même jour, ma copine dort tranquillement d’un sommeil bien mérité (amener sa fille en cours c’est crevant un jour de grève quand même), je suis dans la cuisine à écouter les Lucky devils, assez fun, ils reprennent des chansons connues en psychobilly comme “Don’t let me be misunderstood”, “People are strange” ou “Gangster” (du ska, quand même)…
Mais bon, si ma copine lit ces lignes, qu’elle se rassure, je fais pas la gueule, ni son procès, mais plutôt celui de la situation de merde, comme on n’aime pas que ça arrive, mais qu’on rigole bien quand on voit ça dans un film. En parlant de ça, je ne saurais trop conseiller Burn After Reading, très drôle, et selon moi plus que Fargo, même si les acteurs sont bons dedans, ce qui est indéniable.
Je vais jouer aux chiffres et aux lettres
Mais le plus important, c’est que je t’adore quand même… ^^
Commentaire par Principale intéressée — 18 juin 2009 @ 6:06 |