Oui, j’ai toujours les cheveux rouges, et contrairement à ce que certains peuvent penser, je suis toujours fier, et j’assume complètement. J’en subis pas de conséquences néfastes, après tout :
- Je suis embauché dans une maison de retraite, et ça passe bien, je commence demain, de toutes façons, ils veulent mes bras, et pas mes tifs
- Je suis repérable de loin, et c’est pratique quand on veut me suivre, me trouver, me demander un truc…
- Je fais sourire les gens.
Oui, manifestement, les gens se marrent quand il me voient. C’est complètement égocentrique de dire ou de penser ça, mais c’est quand même le cas. Après tout, j’ai du mal à imaginer autrement quand une personne me regarde, pouffe de rire, puis chuchote à son ou sa voisin/voisine, qui me regarde, et suit la même procédure que le précédent (NB : regard, yeux grand ouverts, pouffe de rire). Je suis en droit de me questionner quand à l’absurdité de ce genre de réactions…après tout, la couleur rouge est démocratisée depuis Milla Jovovitch, mlle “Multipass”, dans le film de Bullle Caisson, sorti au siècle dernier.
De plus, Schwartzkopft, L’OOOOréal, Jacques Dessange (j’aime les filles, tout ça…), Garnier… nous fournissent dans nos rayons frais d’hectolitres de colorations bon marché, allant du rouge bétadine au rouge très dark (pour les goths qui travaillent dans l’administration). Même si celle que j’ai est une coloration de pro, elle n’en reste pas moins commune de par son teint et la disponibilité en grande surface.
Mais il faut croire que ce n’est pas encore entré dans les esprits, la différence de look étant toujours mal vue au sein de notre société (vous ne le voyez pas, mais j’ai énormément de mal à taper ce soir, je fais que des fautes de frappes, que je retouche bien sûr, mais quand même – c’est le direct hein ! – …). D’ailleurs, ce soir, je rentrais chez moi, en écoutant “Toxic” de Britney Spears en version metal, et deux gamines de 14 ans rentrent dans la rame. Elles n’ont pas de sac, on est mercredi après-midi, donc je suppose qu’elles n’ont pas cours. Elles se tiennent la main.
BTW, j’ai toujours trouvé que c’était dégueulasse, ça… Les garçons, s’ils ont le malheur de se tenir la main, sont taxés de “tarlouzes”, “pédés”, “tantes”, “lopettes”, “lavettes”, “homos”, “j’en passe”… Les filles, elles ont le droit, et personne ne les traite de “gouines”, “lesbiennes”, “broute-gazons”, “etc”. (j’ai mis des guillemets en trop ?)
Revenons à nos pellicules.
Bref, elles rentrent, restent debout de l’autre côté de la rame, et l’une d’entre elles commence à me voir. S’ensuit le schéma explicité plus haut, merci de faire un Scroll Up pour plus d’infos. Bref, ça pouffe, ça ricane, ça regarde, ça se retourne, n’en croit pas ses yeux, se cache le visage derrière les mains, ce qui fait remonter leur pression sanguine dans les pommettes, qui rougissent (note à mon père : NON ELLE N’ÉTAIENT PAS SOUS LE JOUG DE LEUR EXCITATION !). J’ai toujours trouvé ça drôle, ces gens qui se croient discrets, et qui n’imaginent pas qu’on peut les regarder par le reflet des vitres du métro. De plus, sans les regarder directement, j’ai une vision périphérique, et je vois bien ce qu’elles font.
En soi, je trouve pas ça grave, mais comme ça fait cinq stations qu’elles n’arrêtent pas, je pense avoir trouvé suffisamment d’agacement en moi pour me rire à mon tour d’elles.
Minimes. Je sors. Je passe à côté d’elles, elles sont tout près de la porte. Je marque une pause, et là je me tourne vers le dos d’une d’entre elles.
“BOUH ! WHAAARG !”
S’ensuit un cri suraigu, je suis bien content d’avoir gardé mon casque pour atténuer la fréquence de la pucelle. Elle sursaute, trébuche en reculant, et *BONG* la tête. La main courante est décidément assez dangereuse. Je pars tout doucement, en rigolant comme un con, mais je vois que je suis pas le seul, même une petite vieille a suivi toute l’action, et se bidonne en tenant son chariot de courses.
Une journée banale, quoi…