Je vous fais part de ce nouveau billet empreint de haine gratuite, du fond de mon lit, la tête nauséeuse et douloureuse. Suite à un arrachage de dents, dans les règles, la douleur est installée, en raison de travaux d’urbanisme dans le sud de ma bouche. Et les médicaments n’y font rien, ou alors si, mais à forte dose, et j’ai droit à tous les effets indésirables. J’en conclus qu’il est possible de faire un bad trip avec des antidouleurs. Youpi.
Parlons aujourd’hui d’une chose que les clients/gens on oublié : la politesse. Rien que le concept de dire “pardon” à une personne à qui on a écrasé un pied paraît étranger de nos jours. Et pour une fois, je ne taperai pas sur les jeunes ou les enfants. Mais plutôt sur leurs modèles : les adultes.
Rien que de dire “bonjour”, quand vous entrez dans un magasin. Je sais que c’est bizarre, mais quand le vendeur vous dit bonjour, la moindre des politesses, c’est de lui répondre. Poliment, s’entend. J’ai souvent droit à des connards qui [coupure sommeil médicamenteux : j'ai repris 12h après l'écriture de cet article] ignorent complètement tes appels au salut post-entrée dans le magasin. Quand ils arrivent enfin à ta hauteur, pendant que tu as la tête dans un bac, ils marmonnent très bas : “j’ai pas trouvé tel produit”. Généralement, tu peux être certain que je leur coupe la parole en les regardant en souriant, avec un simple mot : “Bonjour ?”. Rares sont ceux qui font “ah oui, pardon, Bonjour monsieur”. Naaaaan, en général, tu as droit à un truc qui équivaut à “ouais, c’est ça, alors, c’est où tel produit ?”.
Je les vois mal faire ça à Auchan. On me dit que si, apparemment.
Pas plus tard que ce matin, j’ai eu droit à une mamie-pute qui m’a tiré hors de mon travail en arrière boutique : “je ne trouve pas la purée de pomme de terre au filet de colin”. Bon, je vous laisse deviner si elle m’a dit bonjour ou pas… Il se trouve que son produit s’appelait en fait “Parmentier au filet de colin”. Je lui ai dit que nous allions (elle et moi) chercher, comme je le fais à mon habitude. Ce à quoi elle m’a dit “Oui oui, allez chercher, je vais continuer mes courses pour ma part”. Pardon ? Elle déconne, là ? Si pour qu’au final je me prenne un “ah non, finalement, j’en veux pas”, je prends pas le risque. Mais bref, elle s’est fait aider par ma collègue pour l’intégrale de ses courses, pendant que je retournais bosser en arrière boutique (merci, collègue !).
Y’a des gens qui ne vont pas te parler, ne pas te saluer, ne pas te regarder, et une fois à la caisse, prennent la parole. Certains pour te regarder dans les yeux, et dire “merci, au revoir, bonne fin de journée”. Y’en a beaucoup, et c’est le minimum. Disons aussi que tous les clients ne nous entendent pas quand ils rentrent. Mais d’autres posent leur sac/glacière à l’autre bout de la caisse, soit hors d’atteinte, et attendent que tu le remplisses. Sauf que tu peux pas : c’est trop loin. Et puis, certains clients mettent leur sac là pour pouvoir le remplir eux même. Donc c’est un peu légitime de ne pas prendre l’initiative. Mais non, ils faut qu’ils ouvrent leur claque merde, certains, après un dédain et un silence infâme. Et ça va être sur un ton outré : “Comment, vous ne le remplissez pas ? C’est plus ce que c’était, Picard/les jeunes/le service/la qualité/mes couilles”. Et quand tu leur explique que le sac est beaucoup trop loin, la réponse que tu te prends, c’est encore plus de dédain.
Au menu, demain, du gigot de bourgeois et du ragoût de connard au risotto verde. N’oublions pas les macarons au foie de sans-gêne, et un duo de trouduc aux tomates confites. En dessert, un vacherin de vieille bique saupoudré de grosse pute concassée.
(ce menu ne convient pas aux végétariens, merci de contacter le service client en cliquant sur le lien “commenter” et en vous abonnant à mon flux RSS ou à ma page FB)