Aie confiaaaaaaanssssssss…

Car oui, crois en toi.

Un sujet qui me tient à cœur depuis un moment, mais que j’estimais nécessaire de faire parvenir à maturation.

La confiance, donc.

Bien entendu, je ne vais pas parler de la confiance envers un tiers, mais de la confiance en soi, la si bien nommée « Self-confidence ».

Alors c’est quoi avoir confiance en soi ? Je sais pas. Mais je sais ce qui a contribué à me pourrir la mienne, de confiance. Et ce qui l’a au contraire décuplé.

Quand on est parent, on peut avoir accès à toute une littérature du type « Être un parent pas trop irresponsable pour les nuls ». Et un sujet commence à être récurrent dans les nouveaux ouvrages : l’éducation non violente. Bien entendu, on vous dira qu’il ne faut pas coller une trempe à ses gosses 3 fois par jour, parce que c’est pas bon pour eux. Mais on vous explique aussi que certains mots blessent. Et noircissent les cerveaux de nos chères petites têtes blondes. Des mots comme « tu m’as déçu » ou « tu me fais honte ». Des mots que j’ai rarement entendu, sauf cas extrêmes de conneries réellement honteuses. Mon père se souviendra d’une soirée avec des amis à lui, où j’ai passé mon temps à être une espèce de sans-gêne, égoïste, bourrin, mal élevé en présence de ces gens. J’avoue avec le recul, je me demande pourquoi j’ai fait toutes ces conneries. Enfin bref, oui, j’avais mérité ces mots. Mais je suis content de n’y avoir jamais eu droit. Jamais de mauvaise notes ramenées à des jugements de valeur aussi violents que « c’est nul ! » ou « tu te fous de moi ? C’est TOUT ce que tu PEUX FAIRE ? ».

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Et j’avoue, la plupart des profs que j’ai pu avoir n’ont pas joué en faveur de cette confiance que j’ai mis un temps à construire et à déconstruire (merci mesdames, d’ailleurs, on y reviendra). Les profs de sport, surtout. Comment veux tu te dire que tu peux mieux faire du foot, si on ne prend jamais le temps de te dire comment choper le ballon avec le pied, comment positionner son pied avant de taper pour l’envoyer où l’on veut ? A prendre des réflexions du genre « c’est mauvais, jeune homme » ou « peut mieux faire! ». Mais comment mieux faire ? A part me dire que je vaux mieux, dites-moi comment faire ! Je regrette cruellement de ne pas avoir eu la sagesse de demander comment faire, ou qu’on me montre comment m’améliorer. Au final, j’ai appris à détester encore plus le sport, et la mentalité sportive. Parce que sérieusement, personne ne joue en équipe, quand on fait du sport à l’école.

 

 

Lors de mon lycée, les habitués de ce blog le savent, maintenant, j’ai eu affaire à des gens qui m’ont harcelé et pété la tronche à plusieurs reprises. L’impuissance physique face à ce genre de comportement, c’est quelque chose de dur. De savoir qu’on va se faire latter la tronche parce qu’on affiche une différence, non, en effet, ça n’aide pas à se monter la confiance. On se fait une carapace, mais au final, on reste vide.

Pendant cette période, j’ai aussi fréquenté un mec qui était une parfaite caillera : violent, provocateur, beau parleur… et il m’aimait beaucoup. Il avait sa façon un peu « dans ta gueule » de te préparer à devenir un mec, un vrai (musclé, tatoué avec une bonne paire de couilles dans la voix, comme dirait l’autre). Ça passait par me forcer à faire des haltères, des menaces si je ne faisais pas une série de pompes pendant qu’il allait pisser… Au final, je me sentais quand même vachement faible à côté, et puis ça ne me correspondait pas vraiment. Il pensait bien faire, pourtant. C’était juste inadapté pour moi. Toujours est-il que je n’ai pas progressé des masses à ce moment là. Par contre, la carapace devenait de plus en plus piquante. Mais complètement inutile.

 

Bien entendu, avoir un patron ça joue énormément sur le moral. Tout va dépendre de qui vous a sous la main, et de comment il vous considère. Mon premier vrai patron c’était un patron de camping, à 200 mètres de chez ma mère-grand. J’y ai bossé 3 étés, à récurer les chiottes et les douches. D’abord parce que c’était bien payé. Et aussi parce que j’étais quand même en vacances. Le Pascal en question était content de mon travail, et me le faisait savoir. Chaque remontée positive qu’il avait de la clientèle, j’en étais avisé le jour-même. Et de même, il m’appelait l’année d’après, dès avril pour savoir si je revenais en vacances là-bas à chaque fois. Bon bien entendu, je me faisais carotter sur les pourliches laissés aux agents de nettoyage, mais la paie était assez conséquente pour que je n’aie pas à pleurer.

C’est en arrivant dans le monde des infirmiers que j’ai découvert la dureté du milieu. Que les gens étaient méchants, vraiment méchants. On ne pouvait pas me faire confiance, puisque j’allais « être un mauvais infirmier ». La cause à la réforme. Alors on me laissait pas faire, et si jamais on me laissait faire, la moindre erreur se soldait en remontrances, en mots hyper durs, et quelquefois en cris. Du coup, chaque nouveau stage était pour moi encore plus difficile : je savais que ça allait mal se passer.

Et ça se passait mal à chaque fois. Mon manque de confiance croissant me rendait incapable de réfléchir vite, je foirais des soins que je savais faire pourtant à la perfection. Je devenais exactement ce qu’on me disait que j’allais devenir : une sous-merde, dangereuse pour les patients. Et je me permets une réflexion à ce sujet; à force de dire à quelqu’un qu’il est nul, moche, ou débile, il finit par le croire. Comme cette petite fille que je connais, qui part du principe qu’elle n’arrivera jamais à rien, à force qu’on lui dise qu’elle est débile. Elle aimerait faire de la guitare, mais même sa mère dit qu’elle n’y arrivera jamais. Du coup, avec le recul, et quand on m’explique à quel point on a écrasé nos parents quand ils étaient enfants, je comprends beaucoup mieux pourquoi tous ces gens ont besoin d’un psy, leur manque de confiance en eux… « De mon temps, on le laissait pleurer, des heures s’il le faut ! Et ça les tuait pas, hein… ». Logique. Implacable.

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Alors bien sûr quand j’ai rencontré l’équipe formidable qui m’a épaulé pendant tout mon BTS, j’ai repris du poil de la bête. Ce qui a surpris ces gens qui ne comprenaient pas ce nouveau moi qu’ils avaient sous les yeux. Il s’agissait juste d’un mec vachement plus confiant. Mon tuteur de l’époque était abasourdi quand il voyait à quel point je me confondais tellement en excuses à la moindre erreur. Il me disait que ça allait, qu’on allait trouver une solution à deux… Et au final, je devenais de plus en plus autonome. On me demandait des choses que je ne savais pas faire. Mais je savais que j’allais tout faire pour y arriver. Et j’y arrivais. On me faisait part de son contentement. On me disait à quel point mes outils rendaient service. Et oui, ça joue vachement.

Ca jure complètement avec d’autres expériences que j’ai pu avoir par la suite. Aucun support, aucune explication. On te fait comprendre que tu es bizarre, que tu ne veux pas t’intégrer à l’équipe qui ne veut pas de toi (en plus t’es un peu geek, alors c’est foutu). On ne te forme pas, on te reproche de demander de l’aide, on te dit que tu coûtes trop cher à l’entreprise… J’avoue que je suis un peu détruit, depuis. Même si on te dit que faut pas se laisser atteindre, c’est joli de le dire, mais comment on fait, hein ? On ignore ?  J’arrive pas à ignorer le marteau piqueur dans la rue, alors je risque pas d’ignorer facilement la merde dans laquelle j’ai vécu pendant un an.

 

Les meufs que j’ai pu avoir aussi m’ont bien détruit, pour la plupart. Sauf deux ou trois, qui m’ont vraiment aidé à me développer. J’en ai connu des jalouses, des folles, mais des mauvaises, des méchantes et des castratrices, j’y ai eu droit aussi.

Quand ta copine te reprend toujours publiquement parce que ce que tu dis es « stupide, enfin! ». Quand elle te fait comprendre que tu ne sais rien faire. Qu’elle, ELLE SAIT. Que ses ex, eux ils avaient de l’argent, ou un vrai diplôme, ou une situation.  Qu’elle n’est pas ta mère, bordel ! Les gens m’ont beaucoup demandé ce que j’ai bien pu faire pour rester avec elle. Concrètement ? Je pense juste que j’étais amoureux. Ou désespéré. Ou les deux. Ou peut-être du confort. Avoir quelqu’un avec qui tu es sûr de finir régulièrement la queue dans la bouche ou dans la chatte, ça te fait prioriser différemment. Et tu deviens capable de supporter sans t’en rendre compte les brimades, et les mots les plus durs. Le pire, c’est que tu t’excuses tout le temps pour ce que tu fais. Du coup, quand tu passes à la suivante, qui est encore plus chtarb’, tu ne fais plus attention. Tu t’excuses tout le temps pour ce que as fait de « mal », quand juste des fois c’est elle qui vit mal le fait que t’as rangé la moutarde dans l’étagère du frigo au lieu de la porte.

Combine ça aux substances qui rendent débile et te font faire le plein d’ISTs, et tu as trouvé la recette parfaite pour faire de toi un mec incapable de se prendre en main, pitoyable.

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Mais il y a des gens qui sont formidables, aussi. Ces gens que tu croises dans différents environnements, différentes configurations, avec des liens différents, aussi.

Je repense à ce prof de guitare tango qui saluait les efforts que je faisais pour jouer dans le sextet, alors que je ne lisais pas les notes. J’avais mes tablatures, qui faisaient 6 pages, quand une partoche tenait sur une. Je sautais des notes ? C’est pas grave, l’important c’est de ne pas pourrir la musique. Un des participants, un malade de musique, oreille absolue, était abasourdi par mon sens du rythme et soulignais ma capacité à revenir au bon moment quand je perdais pied. A la mesure d’après.

Quand ce batteur de Psychobilly qui ne voulait pas de basse, mais de contrebasse a dit que ça lui allait parfaitement, au final, avec ma façon de jouer.

Quand mon équipe m’a épaulé pendant mon BTS.

Quand la femme qui m’épaule encore aujourd’hui m’a récupéré brisé, instable, insecure. Quand elle m’a dit que « c’est cool, on va arranger ça » quand j’ai fait des erreurs. Quand elle m’a dit d’arrêter de m’excuser pour tout, malgré des années d’abrutissement à le faire auprès des nanas avec qui j’étais. La phrase que j’ai le plus entendu avec elle est « on va y arriver ». C’est beaucoup en peu de mots.

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Parce que souvent il faut une personne pour te dire que t’as peut-être tort, mais on va essayer comme tu veux. Que tu en vaux la peine. Qu’on est fier de toi. Qu’on te remercie pour ce que t’as fait.

 

 

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