On pense toujours que ça n’arrive qu’aux autres.

Je suis quelqu’un de maladroit. Non pas des mains, s’entend, mais de ma parole. Et ce n’est pas par besoin de nuire ou par fainéantise. Mais je suis parfaitement conscient de parfois je dis des choses déplacées.

Non, c’est pas des choses déplacées, pardon. C’est juste que c’est pas forcément le moment d’en parler quand ça me vient à l’esprit. Mais du coup comme j’y pense, je veux en parler. Et sans but de minimiser ce qu’on va me dire en face. Mais juste pour qu’on n’oublie pas que ça existe aussi.

Chaque fois qu’il est question de violences sexuelles, sexistes, d’agressions envers des femmes par des hommes, je suis révolté et compatissant envers mes consœurs, parce que j’ai suffisamment d’empathie pour que ça me touche. Je reste persuadé que ce genre de situations, d’expériences et de comportements négatifs (et c’est peu dire) n’a pas sa place dans la société, dans nos vies, dans notre monde.

J’ai vu pas mal de gens souffrir de viols, séquestrations, agressions physiques, mentales, sexistes, parce que c’étaient des femmes. Comme disait Dany,  quand on sait qu’une femme sur dix a subi un viol dans sa vie… ça pèse. Nos femmes, nos tantes, nos sœurs, nos cousines, nos amies… Au moins une femme que vous connaissez personnellement a subi ça.

Et c’est révoltant.

Autant que l’autre côté du miroir, bien moins concerné, mais quand même présent. Ces hommes qui subissent des violences de la part de femmes, mais dont on n’ose pas parler.

Et ça, c'est en Australie

Et ça, c’est en Australie

L’erreur que j’ai faite, souvent, en voulant parler de ces victimes masculines, réside dans le fait que je n’ai pas à l’esprit ce problème en permanence. Du coup, je n’y pensais que lorsqu’il était question d’indignation face aux violences envers les femmes. Les deux sujets étant liés, selon moi (violence sexiste), bien que différents et absolument pas comparables, j’en venais à l’évoquer, en retour.

Et le problème n’est pas que je cherchais à minimiser le sujet des femmes, alors que je voulais juste qu’on n’oublie pas que certains hommes aussi en souffrent. Le problème,  c’est que ce n’était pas le moment d’en parler. Un peu comme quelqu’un qui vous dit qu’il souffre horriblement, pendant que son appendice est enflammé, le temps que l’ambulance arrive. Vous avez aussi envie de partager que vous avez eu mal, quand vous vous êtes cassé le tibia, il y a longtemps. C’est compréhensible, mais c’est pas le moment. La personne en face souffre. Elle veut juste que vous compreniez, là, maintenant. Elle s’en fout de votre tibia. Elle s’y intéressera plus tard.

 

Maintenant que j’ai fait ce petit parallèle (qui fera croire au-x mal-s intentionné-e-s que je compare un viol à une appendicite), j’espère que vous comprenez un peu ma démarche.

 

Je voudrais qu’on parle des hommes qu’on abuse et qu’on violente. Comme ça, de but en blanc. Sans faire de comparatif, sans dire « ouais, mais y’a aussi des mecs qui souffrent » quand on me parle de violences conjugales, sans vouloir taire la douleur de ces femmes.

 

Je veux vous parler de ces hommes qui souffrent, et qu’on oublie. Ou qu’on ignore.

 

 

J’ai toujours été défenseur du droit des femmes (sauf à chanter du Disney à fond les gamelles, sur les balcons), dans le sens que pendant très longtemps je pensais que l’égalité des sexes (ou genres) était un combat qui devait être mené dans un sens bien défini : amener les femmes au même niveau que les hommes. J’ai compris bien plus tard que le travail devait être mené sur deux fronts : régler les injustices des hommes et des femmes, parce que plusieurs critères sont concernés.

 

Et donc je défends également les droits des hommes, mais d’un point de vue égalitariste.

 

Et c’est pour ça que je veux parler de ces hommes qui sont battus, agressés. Simplement. Parce qu’on ne doit pas les oublier.

Mais ça existe ?

 

Eh bien oui ça existe. Bien moins que les femmes, mais ça existe. On estime qu’il y a plus de 100 000 hommes victimes de violences au sein de leurs couples par an.

En 2012 et 2013, 150 000 hommes… pour 400 000 femmes.

On va pas jouer à « qui c’est qu’a la plus longue », je vais pas faire du révisionnisme. Gardez à l’esprit que les femmes sont bien plus souvent victimes que les hommes.

Mais le chiffre existe. Des hommes se font dégommer par leurs femmes.

 

Et le phénomène est assez insidieux.

 

En effet, dans une société où la faiblesse n’a pas de place, comment se faire entendre quand on vient raconter qu’on s’est fait battre par sa femme ou son ex-copine ? Surtout quand on sait ce que ça implique.

La société demande aux hommes d’être forts, de ne pas avoir de sentiments ni de faiblesse. Il suffit d’allumer votre télé (pour ceux qui la regardent) pour vous en rendre compte. Pubs, films, émissions, clips… un homme, c’est fort, c’est pas un pédé, sinon, c’est un pédé.

Qui va vous prendre au sérieux si vous osez parler du fait que votre compagne vous « malmène » ?

 

Vos amis ?

 

Votre famille ?

 

La police ?

 

Déjà, si jamais on veut bien vous accorder le bénéfice du doute (parce que bon, c’est juste une gonzesse, votre compagne), on va vous dire de lui « montrer qui c’est le patron ».

Ce n’est pas reconnaître le problème, c’est botter en touche. Rappeler que l’ordre des choses c’est XY>XX et non pas le contraire. Alors maintenant vous vous prenez en main et vous ne vous laissez pas faire.

J’en profite pour rappeler que les femmes dans le même cas n’ont pas forcément droit aux meilleures réactions : « oh, mais tu sais, les mecs sont comme ça » ou « tu sais, je suis sûr qu’il ne l’a pas fait exprès » ou encore « tu es sûre que tu ne l’as pas un peu cherché, aussi ? ».

 

Il est bon de constater que les hommes ne sont pas sans soutien dans des situations comme celle-là. Des initiatives comme SOS Hommes Battus existent. Ou plutôt ont existé. L’association a dû se mettre en pause, faute de subventions ou de cotisations.

Difficile de cotiser quand on est victime et que les dépenses sont surveillées au centime près.

Difficile d’avoir une célébrité homme qui défend la cause.

Difficile de se battre pour des victimes que la société ne veut pas voir (déjà que les femmes, elle les ignore, alors les mecs…) : il faut déjà que les policiers arrêtent de se moquer de vous et acceptent de « perdre du temps » et enregistrent la plainte.

Difficile quand le sujet est tabou.

 

« Nous sommes encore dans une société latine, où l’homme doit savoir « tenir » sa femme » , d’après la fondatrice (et oui !) de l’association.

 

Et franchement, il ne faut pas chercher longtemps sur internet pour apercevoir pléthore d’articles sur le sujet.

C’est réconfortant en un sens, parce que ça veut dire que des hommes et des femmes reconnaissent l’existence de ce phénomène.

 

Mais une femme, c’est pas plus faible physiquement ?

Alors oui, en effet, il y a moins d’agressions physiques. On est plutôt dans le psychologique.

Menaces, pression, mise dos au mur, domination… Il y a un éventail de coups très large.

D’après Anne-Laure Buffet (coach psychologique à Boulogne), « Le plus fréquemment, c’est la femme qui pousse l’homme à bout pour le forcer à réagir en se disant que s’il la frappe en retour, elle ira porter plainte et pourra ainsi se faire passer comme victime ».

Parce que oui, cette épée de Damoclès est pesante. C’est l’une des immenses menaces à exercer : risquer de se faire ruiner sa vie de la manière la plus injuste. J’ai parfaitement conscience de la détresse que ça peut générer.

 

Je repense aussi à ce formidable article paru sur MadmoiZelle (oui, j’ai dit ça) : http://www.madmoizelle.com/viol-conjugal-hommes-337616

Cet article raconte comment le chantage affectif de sa compagne pousse un homme à coucher avec elle contre son gré, allant jusqu’à se blesser, de trop de masturbation pour ne pas bander. Jusqu’à une déchéance totale d’alcoolisme lui ayant fait perdre son emploi. Le tout saupoudré de culpabilité.

 

Parce que c’est ça aussi : la culpabilité ressentie par les victimes. Ce truc étouffant qui fait qu’ils se détruisent de l’intérieur.

Et à quoi ils ressemblent ces mecs ?

A n’importe qui, en fait. Gros, mince, musclé, gringalet, blanc, noir, jaune… Tous les types sont atteints. La violence n’a pas de préférence. Le fait de mettre leur femme sur un piédestal souvent les met dans le déni.

 

Mais elle a plutôt tendance à monter insidieusement, dans le cas des hommes battus. On a pu voir des schémas similaires d’installation de la violence : Au début des violences, les hommes se remettent en question, cèdent aux caprices de leur compagne. C’est peut-être eux qui s’y prennent mal, après tout ? Sans confrontation de la part de ces hommes, c’est la porte ouverte à la spirale de la violence. Elle peut commencer par des privations, de l’isolement, et il peut se passer des années avant la brutalité physique. Si ça se trouve, vos voisins retraités sont dans ce cas là (http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2010/08/26/01016-20100826ARTFIG00321-un-septuagenaire-torture-par-son-epouse-dans-les-vosges.php).

 

D’où ça vient, du coup ? Pourquoi diable des femmes font ça ?

D’expériences combinées, il semblerait que la majorité des femmes violentes en couple aient eu des enfances capricieuses, à user et abuser de la colère pour obtenir ce qu’elles voulaient. On retrouve également un schéma parental montrant un père violent ou une mère dominante, d’après Sylvianne Spitzer.

 

Une reconnaissance est en cours de ce problème « mineur ». Le fait que des féministes rappellent qu’il n’y a pas que des femmes qui sont battues dans les couples, le fait que la loi reconnaisse enfin le viol femme/homme… Mais c’est encore difficile d’en parler sans être pris pour un rigolo, ou pour un faible. Ou parce qu’il est encore plus difficile que pour les femmes d’avoir des statistiques fiables. On est encore dans la sous-évaluation, par manque de données.

 

J’ai, pour ma part subi des pressions psychologiques, mais jamais au niveau extrême qu’on peut lire dans certains journaux. J’ai mis un temps à me libérer des séquelles de quelques-unes de mes relations. Le manque de confiance en soi, surtout. Quand quelqu’un que vous aimez, que vous idolâtrez est une personne qui ne manque jamais de vous rabaisser en public, de vous dire comment vous devez penser, que vous pouvez vraiment dire des débilités des fois, qu’elle a honte de vous… Vous n’en sortez pas indemne.

Bien entendu, ce n’est tellement pas comparable à ces histoires difficiles que vivent ces hommes, mais je pense que c’est important de dire que ça existe. De ne pas attendre que des femmes soient retrouvées mortes pour qu’on rappelle que des hommes aussi meurent chaque année. En effet, une femme meurt tous les 3 jours sous les coups de son mari. Dans le cas contraire, on est plutôt dans l’ordre de 2 semaines.

 

Et même si c’est pas comparable, même si les chiffres sont tellement plus sordides pour les femmes, même si la société est patriarcale depuis 2000 ans, même si il y a un sentiment revanchard qui gronde chez les femmes, et les sexistes…

 

La violence conjugale se moque de votre sexe. Luttez contre elle.

Et pour ceux qui ont besoin d’une démonstration sur le manque de reconnaissance : 

(bien entendu, à regarder en entier)

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La fête à la saucisse (ou le porno pour enfants)

Encore une fois nous devons remercier nos compatriotes qui se sentent obligés de défendre l’enfant face à l’ignominie proposée par notre « gauche déviante », après le mariage gay (bêrk, bêrk, bêrk!).

Parce que oui, il est important de préserver les enfants des atrocités culturelles auxquelles ils ne sont pas (encore) préparés. De même qu’il me paraît évident de ne pas diffuser « Oranges Mécaniques » à une classe de CM1, il m’apparaît normal de ne pas présenter « Sausage Party » à nos chères têtes blondes.

 

Et comprenons-nous bien, parce que j’ai l’impression que des fois c’est compliqué pour les parents indignés, mais je vais le mettre en gros ici :

 

CE N’EST PAS PARCE QUE C’EST DE L’ANIMATION QUE C’EST POUR ENFANTS !

CE N’EST PAS PARCE QUE C’EST DE L’ANIMATION QUE C’EST POUR ENFANTS !

CE N’EST PAS PARCE QUE C’EST DE L’ANIMATION QUE C’EST POUR ENFANTS !

CE N’EST PAS PARCE QUE C’EST DE L’ANIMATION QUE C’EST POUR ENFANTS !

CE N’EST PAS PARCE QUE C’EST DE L’ANIMATION QUE C’EST POUR ENFANTS !

 

Bordel de merde, c’est pareil tous les 5 ans environ, en France. On se retrouve avec des gens qui s’indignent de ce que l’on donne à regarder à nos enfants. Parce qu’encore une fois, on fait le mauvais raccourci : animation = pour gosses.

Et c’est dingue de devoir encore rappeler aujourd’hui que beaucoup de contenu animé n’est pas réservé ou adapté aux enfants. Ça va bientôt faire un siècle que l’animation cinématographique existe, et on part toujours du principe que dessin=enfants.

 

Et c’est normal, après tout. Quand on pense « dessin animé pour enfants », on a en tête un nom qui s’allume en gros néon : Disney. Parce que tous autant que nous sommes, nous avons grandi avec des Disney, surtout depuis la création de la VHS. Aladdin, Le Livre de la Jungle, Le Roi Lion, Cendrillon, La Belle et la Bête, Merlin L’enchanteur… Difficile quand la société vous rappelle en permanence que si c’est animé, c’est du Disney, et que Disney, c’est pour les gosses (on reparlera de Jack Sparrow, de Marvel et de Star Wars, alors). Et malgré des contre-exemples à foison, on a encore droit à des parents « offusqués » de voir qu’on propose des dessins violents ou sexuels à nos enfants.

 

Ça nous ramène aux années 80, avec Ken le Survivant ou Nicky Larson, dont le contenu adulte n’était pas adapté à la ribambelle de gosses calés devant Club Dorothée. Viols, agressions sexuelles, meurtres, prostitution, univers dur et sale… Of course que c’était pas pour les enfants ! Mais voilà, du coup, au lieu de réfléchir correctement, et de se dire qu’on pouvait proposer du contenu, des histoires, des univers animés pour adultes, on a fait l’inverse, à la façon des autruches : on s’est dit que « ces japonais, ils sont bizarres, leurs dessins animés pour enfants sont vachement violents ! ». Alors oui, quand on voit les choses comme ça, qu’on se met des œillères, on est en droit de s’insurger devant l’aberration proposée en animation, surtout quand on croit que c’est destiné à nos gosses !

Le truc, c’est que des histoires pour adultes, animées, ça fait longtemps que ça existe. Je n’ai pas les noms de tous, ici, mais sachez qu’il ne faut pas spécialement être japonais pour faire des trucs difficiles à aborder.

« Le tombeau des Lucioles », sur deux gosses qui cherchent à survivre après les bombardements de Kobe, en 1945.

« Quand souffle le vent », Royaume-Uni, guerre froide. Deux vieux retraités ont survécu à une explosion nucléaire, mais souffrent de la radiation. Pas le genre de truc à mettre son gosse devant.

« La Folle Escapade », des lapins qui cherchent à migrer pour un monde meilleur. Morts sanglantes.

« Felidae », Francis le chat est impliqué dans plusieurs meurtres de chats. La scène de cauchemar vous donnera envie de garder vos chats 24/24h avec vous.

« Barefoot Gen », basé sur des faits réels, à Hiroshima.

« The Plague Dogs », où manifestement, la scène d’intro montre un chien qui se noie dans une piscine. La suite est pire. Vivisections, bactériologie, expériences… « La fin du film est très lacrymale et même traumatisante pour des jeunes enfants » dixit une critique (mais c’est pas pour enfants !)

« La planète fantastique », qui est beau, mais incompréhensible pour un esprit jeune.

« Ghost In The Shell », métaphysique, transhumanisme, et le tout très peu accessible, quand ce n’est pas gore.

« Charlie », un chien mort, qui revient à la vie, dans un univers très glauque, le tout agrémenté de gros mots dans tous les sens…

 

Je ne vais pas continuer, y’en a une tétrachiée.

Tout ça pour dire que oui, y’a des dessins animés pour adulte. Et que ce n’est pas parce que animation, que du coup, enfants. Je me répète mais c’est primordial que les gens comprennent ça. Parce que j’ai l’impression qu’on oublie régulièrement que l’animation a pris en maturité, et qu’elle est capable de parler de sujets difficiles, voire graves.

Le dernier exemple (français, en plus !) est « The Prodigies », film à l’animation osée, au parti pris esthétique formidable, dirigé par un ancien du monde du jeu vidéo. En résulte une histoire intéressante, rythmée, à la direction osée, et aux sujets graves. Produit en partie par Orange, basé sur le livre « La nuit des enfants rois ». Et là, je ne vous ai indiqué que ce qui était publié pour vendre ce film.

Parce que le film incluait des scènes de violence avec des enfants (combats, etc…), il a été interdit aux moins de 12 ans. Mais de par mon visionnage, je peux affirmer qu’il doit être relégué aux moins de 16 ans, au moins.

Ceux et celles qui connaissaient un peu le livre dont est tiré le film savaient qu’une scène allait apparaître : la scène de viol dans le parc. Si cette scène a marqué les esprits des lecteurs, alors qu’en serait-il du film ? Eh bien, honnêtement, c’est une scène très insoutenable. Bien que stylisée, et illustrée d’une manière astucieuse, la violence n’en est pas pour autant amoindrie.

 

Du coup, on a un film violent, dur, au contenu pas adapté aux enfants. Et pourtant, on a encore eu des mamans qui se sont plaintes à la direction de leur cinéma. D’un côté, c’est idiot de la part du CSA de ne pas avoir mis la bonne pastille sur le film. De l’autre, je pense que les parents devraient s’informer beaucoup plus sur le contenu des œuvres auxquelles ils soumettent leur progéniture. J’entends par là qu’il n’y pas qu’un seul fautif, ou une seule personne à pointer du doigt quand on met des enfants devant une œuvre aussi inadaptée (j’insiste sur ce terme, mais je pense qu’il est très parlant).

 

De même qu’on ne met pas ses gosses devant un animé de Manara ou un hentai sous prétexte que c’est animé, je pense qu’on doit se tenir au courant de ce qu’on propose à nos enfants, et ébranler cette conviction idiote qu’on se martèle. Non, les dessins animés ne sont pas tous faits pour être présentés à des enfants ! Et ce serait bien qu’on l’admette. Qu’on passe enfin à autre chose. Que les familles de France arrêtent de sortir les fourches dès qu’apparaît une ouvre inadaptée, et que le CSA fasse son putain de boulot !

 

Alors Sausage Party dans tout ça ? Une satire sur la malbouffe, un parallèle entre junk food et porno (la consommation actuelle de porno est semblable à celle de fast food), un tir sur la religion, de ce que j’ai compris. Et surtout une énorme scène de partouze démesurée et hilarante qui restera dans les annales (oui, j’ai osé), tant elle est prise au 48ème degré et que les auteurs et animateurs avaient beaucoup d’idées dingues à mettre à l’écran.

Au casting, on retrouve Seth Rogen, Jonah Hill, Kristen Wiig, Bill Hader, Michael Cera, James Franco, Paul Rudd, Edward Norton, Salma Hayek… Ce qui nous montre qu’on peut avoir un gros casting et faire dans le subversif, voire un peu beauf.

 

C’est effectivement dommage qu’on se retrouve avec Cyril Hanouna comme doubleur star.

 

 

 

Et pour ceux qui se posent des questions sur ce qui fait le plus de mal aux enfants, une petite conférence très intéressante :

 

 

Aie confiaaaaaaanssssssss…

Car oui, crois en toi.

Un sujet qui me tient à cœur depuis un moment, mais que j’estimais nécessaire de faire parvenir à maturation.

La confiance, donc.

Bien entendu, je ne vais pas parler de la confiance envers un tiers, mais de la confiance en soi, la si bien nommée « Self-confidence ».

Alors c’est quoi avoir confiance en soi ? Je sais pas. Mais je sais ce qui a contribué à me pourrir la mienne, de confiance. Et ce qui l’a au contraire décuplé.

Quand on est parent, on peut avoir accès à toute une littérature du type « Être un parent pas trop irresponsable pour les nuls ». Et un sujet commence à être récurrent dans les nouveaux ouvrages : l’éducation non violente. Bien entendu, on vous dira qu’il ne faut pas coller une trempe à ses gosses 3 fois par jour, parce que c’est pas bon pour eux. Mais on vous explique aussi que certains mots blessent. Et noircissent les cerveaux de nos chères petites têtes blondes. Des mots comme « tu m’as déçu » ou « tu me fais honte ». Des mots que j’ai rarement entendu, sauf cas extrêmes de conneries réellement honteuses. Mon père se souviendra d’une soirée avec des amis à lui, où j’ai passé mon temps à être une espèce de sans-gêne, égoïste, bourrin, mal élevé en présence de ces gens. J’avoue avec le recul, je me demande pourquoi j’ai fait toutes ces conneries. Enfin bref, oui, j’avais mérité ces mots. Mais je suis content de n’y avoir jamais eu droit. Jamais de mauvaise notes ramenées à des jugements de valeur aussi violents que « c’est nul ! » ou « tu te fous de moi ? C’est TOUT ce que tu PEUX FAIRE ? ».

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Et j’avoue, la plupart des profs que j’ai pu avoir n’ont pas joué en faveur de cette confiance que j’ai mis un temps à construire et à déconstruire (merci mesdames, d’ailleurs, on y reviendra). Les profs de sport, surtout. Comment veux tu te dire que tu peux mieux faire du foot, si on ne prend jamais le temps de te dire comment choper le ballon avec le pied, comment positionner son pied avant de taper pour l’envoyer où l’on veut ? A prendre des réflexions du genre « c’est mauvais, jeune homme » ou « peut mieux faire! ». Mais comment mieux faire ? A part me dire que je vaux mieux, dites-moi comment faire ! Je regrette cruellement de ne pas avoir eu la sagesse de demander comment faire, ou qu’on me montre comment m’améliorer. Au final, j’ai appris à détester encore plus le sport, et la mentalité sportive. Parce que sérieusement, personne ne joue en équipe, quand on fait du sport à l’école.

 

 

Lors de mon lycée, les habitués de ce blog le savent, maintenant, j’ai eu affaire à des gens qui m’ont harcelé et pété la tronche à plusieurs reprises. L’impuissance physique face à ce genre de comportement, c’est quelque chose de dur. De savoir qu’on va se faire latter la tronche parce qu’on affiche une différence, non, en effet, ça n’aide pas à se monter la confiance. On se fait une carapace, mais au final, on reste vide.

Pendant cette période, j’ai aussi fréquenté un mec qui était une parfaite caillera : violent, provocateur, beau parleur… et il m’aimait beaucoup. Il avait sa façon un peu « dans ta gueule » de te préparer à devenir un mec, un vrai (musclé, tatoué avec une bonne paire de couilles dans la voix, comme dirait l’autre). Ça passait par me forcer à faire des haltères, des menaces si je ne faisais pas une série de pompes pendant qu’il allait pisser… Au final, je me sentais quand même vachement faible à côté, et puis ça ne me correspondait pas vraiment. Il pensait bien faire, pourtant. C’était juste inadapté pour moi. Toujours est-il que je n’ai pas progressé des masses à ce moment là. Par contre, la carapace devenait de plus en plus piquante. Mais complètement inutile.

 

Bien entendu, avoir un patron ça joue énormément sur le moral. Tout va dépendre de qui vous a sous la main, et de comment il vous considère. Mon premier vrai patron c’était un patron de camping, à 200 mètres de chez ma mère-grand. J’y ai bossé 3 étés, à récurer les chiottes et les douches. D’abord parce que c’était bien payé. Et aussi parce que j’étais quand même en vacances. Le Pascal en question était content de mon travail, et me le faisait savoir. Chaque remontée positive qu’il avait de la clientèle, j’en étais avisé le jour-même. Et de même, il m’appelait l’année d’après, dès avril pour savoir si je revenais en vacances là-bas à chaque fois. Bon bien entendu, je me faisais carotter sur les pourliches laissés aux agents de nettoyage, mais la paie était assez conséquente pour que je n’aie pas à pleurer.

C’est en arrivant dans le monde des infirmiers que j’ai découvert la dureté du milieu. Que les gens étaient méchants, vraiment méchants. On ne pouvait pas me faire confiance, puisque j’allais « être un mauvais infirmier ». La cause à la réforme. Alors on me laissait pas faire, et si jamais on me laissait faire, la moindre erreur se soldait en remontrances, en mots hyper durs, et quelquefois en cris. Du coup, chaque nouveau stage était pour moi encore plus difficile : je savais que ça allait mal se passer.

Et ça se passait mal à chaque fois. Mon manque de confiance croissant me rendait incapable de réfléchir vite, je foirais des soins que je savais faire pourtant à la perfection. Je devenais exactement ce qu’on me disait que j’allais devenir : une sous-merde, dangereuse pour les patients. Et je me permets une réflexion à ce sujet; à force de dire à quelqu’un qu’il est nul, moche, ou débile, il finit par le croire. Comme cette petite fille que je connais, qui part du principe qu’elle n’arrivera jamais à rien, à force qu’on lui dise qu’elle est débile. Elle aimerait faire de la guitare, mais même sa mère dit qu’elle n’y arrivera jamais. Du coup, avec le recul, et quand on m’explique à quel point on a écrasé nos parents quand ils étaient enfants, je comprends beaucoup mieux pourquoi tous ces gens ont besoin d’un psy, leur manque de confiance en eux… « De mon temps, on le laissait pleurer, des heures s’il le faut ! Et ça les tuait pas, hein… ». Logique. Implacable.

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Alors bien sûr quand j’ai rencontré l’équipe formidable qui m’a épaulé pendant tout mon BTS, j’ai repris du poil de la bête. Ce qui a surpris ces gens qui ne comprenaient pas ce nouveau moi qu’ils avaient sous les yeux. Il s’agissait juste d’un mec vachement plus confiant. Mon tuteur de l’époque était abasourdi quand il voyait à quel point je me confondais tellement en excuses à la moindre erreur. Il me disait que ça allait, qu’on allait trouver une solution à deux… Et au final, je devenais de plus en plus autonome. On me demandait des choses que je ne savais pas faire. Mais je savais que j’allais tout faire pour y arriver. Et j’y arrivais. On me faisait part de son contentement. On me disait à quel point mes outils rendaient service. Et oui, ça joue vachement.

Ca jure complètement avec d’autres expériences que j’ai pu avoir par la suite. Aucun support, aucune explication. On te fait comprendre que tu es bizarre, que tu ne veux pas t’intégrer à l’équipe qui ne veut pas de toi (en plus t’es un peu geek, alors c’est foutu). On ne te forme pas, on te reproche de demander de l’aide, on te dit que tu coûtes trop cher à l’entreprise… J’avoue que je suis un peu détruit, depuis. Même si on te dit que faut pas se laisser atteindre, c’est joli de le dire, mais comment on fait, hein ? On ignore ?  J’arrive pas à ignorer le marteau piqueur dans la rue, alors je risque pas d’ignorer facilement la merde dans laquelle j’ai vécu pendant un an.

 

Les meufs que j’ai pu avoir aussi m’ont bien détruit, pour la plupart. Sauf deux ou trois, qui m’ont vraiment aidé à me développer. J’en ai connu des jalouses, des folles, mais des mauvaises, des méchantes et des castratrices, j’y ai eu droit aussi.

Quand ta copine te reprend toujours publiquement parce que ce que tu dis es « stupide, enfin! ». Quand elle te fait comprendre que tu ne sais rien faire. Qu’elle, ELLE SAIT. Que ses ex, eux ils avaient de l’argent, ou un vrai diplôme, ou une situation.  Qu’elle n’est pas ta mère, bordel ! Les gens m’ont beaucoup demandé ce que j’ai bien pu faire pour rester avec elle. Concrètement ? Je pense juste que j’étais amoureux. Ou désespéré. Ou les deux. Ou peut-être du confort. Avoir quelqu’un avec qui tu es sûr de finir régulièrement la queue dans la bouche ou dans la chatte, ça te fait prioriser différemment. Et tu deviens capable de supporter sans t’en rendre compte les brimades, et les mots les plus durs. Le pire, c’est que tu t’excuses tout le temps pour ce que tu fais. Du coup, quand tu passes à la suivante, qui est encore plus chtarb’, tu ne fais plus attention. Tu t’excuses tout le temps pour ce que as fait de « mal », quand juste des fois c’est elle qui vit mal le fait que t’as rangé la moutarde dans l’étagère du frigo au lieu de la porte.

Combine ça aux substances qui rendent débile et te font faire le plein d’ISTs, et tu as trouvé la recette parfaite pour faire de toi un mec incapable de se prendre en main, pitoyable.

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Mais il y a des gens qui sont formidables, aussi. Ces gens que tu croises dans différents environnements, différentes configurations, avec des liens différents, aussi.

Je repense à ce prof de guitare tango qui saluait les efforts que je faisais pour jouer dans le sextet, alors que je ne lisais pas les notes. J’avais mes tablatures, qui faisaient 6 pages, quand une partoche tenait sur une. Je sautais des notes ? C’est pas grave, l’important c’est de ne pas pourrir la musique. Un des participants, un malade de musique, oreille absolue, était abasourdi par mon sens du rythme et soulignais ma capacité à revenir au bon moment quand je perdais pied. A la mesure d’après.

Quand ce batteur de Psychobilly qui ne voulait pas de basse, mais de contrebasse a dit que ça lui allait parfaitement, au final, avec ma façon de jouer.

Quand mon équipe m’a épaulé pendant mon BTS.

Quand la femme qui m’épaule encore aujourd’hui m’a récupéré brisé, instable, insecure. Quand elle m’a dit que « c’est cool, on va arranger ça » quand j’ai fait des erreurs. Quand elle m’a dit d’arrêter de m’excuser pour tout, malgré des années d’abrutissement à le faire auprès des nanas avec qui j’étais. La phrase que j’ai le plus entendu avec elle est « on va y arriver ». C’est beaucoup en peu de mots.

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Parce que souvent il faut une personne pour te dire que t’as peut-être tort, mais on va essayer comme tu veux. Que tu en vaux la peine. Qu’on est fier de toi. Qu’on te remercie pour ce que t’as fait.

 

 

Bienvenue dans un monde meilleur !

Alors voilà, c’est l’histoire d’un mec.

Il a 16 ans, et il se dit que ce serait pas mal de lire ces fameux bouquins dont pas mal de gens parlent. Des vieux livres, même.

1984.

Fahrenheit 451.

Le meilleur des mondes.

Et puis il arrive à 19 ans et il regarde le film Idiocracy. Plus les années avancent, moins ce film le fait rire. Parce que la réalité s’en rapproche.

Puis il regarde après ses 25 ans Bienvenue à Gattaca. Il trouve le film flippant de réalisme.

Et après il découvre les Black Mirror.

Et il déprime, parce que toutes ces œuvres deviennent de plus en plus d’actualité.

Et puis après il découvre que M6 va sortir une nouvelle émission de télé-réalité.

Voici le teaser :

Et maintenant, il s’offusque, parce que personne ne semble s’inquiéter de la direction que prend l’humanité.

Voilà. Maintenant vous savez. Vous savez pourquoi le monde c’est de la merde, et que ça s’accélère depuis quelques années.

Donc concrètement, si on résume, on a quoi ?

On a des gens célibataires qui veulent ne plus l’être. Et autant dire que ceci est hyper commun, dans une société où le couple exclusif qui dure jusqu’à la mort est une utopie ou un modèle qui branche de moins en moins, il semblerait que les instances médiatiques et politiques (quand c’est pas notre société en général) nous rappellent à l’ordre régulièrement en nous étalant à la tronche que le seul modèle correct à suivre est celui du couple marié, 2 enfants, la maison, le chien, la femme au foyer.

Bah oui, parce que c’est très important de faire comme tout le monde, même si au final, c’est plus tellement le cas de tout le monde, et encore moins concernant notre génération, qui travaille, quel que soit le sexe de l’individu. Dur d’être une femme au foyer, quand tu travailles, hein.

Donc voilà. Musique lancinante, limite mélancolique. On commence avec le truc qui marche bien sur les foules : balancer des chiffres. “13 millions de célibataires en France”. Alors, déjà, selon qui ? Et je ne pensais pas que ce statut était aussi honteux que d’avoir des morpions (en fait, les 13 millions représentent tous ceux qui ne sont pas mariés, donc les célibataires, mais aussi ceux qui sont en couple non mariés). Mais passons. Deuxième bandeau : “Nous n’avons jamais été aussi nombreux à vivre seuls”. Est-ce que vous sentez à quel point en 5 secondes, tout est fait pour essayer de vous faire pleurer, et vous sentir mal ? Manquerait plus qu’un violon par dessus…

Premier témoignage, en voix de fond avant fondu vers la “victime” de l’amour : “J’ai 35 ans et je m’imaginais déjà à cet âge-là en couple avec deux enfants”. Félicitations, l’empathie est faite avec une personne qui se sent mal d’échapper à la règle sociétale qui dit qu’à cet âge-là il faut avoir pondu, et habiter en banlieue dans son pavillon.

Suivi d’un lieu commun d’un mec (bah oui, on montre d’abord les femmes, c’est plus vendeur, comme montage). “C’est pas de rencontrer quelqu’un qui est difficile, c’est de rencontrer la bonne personne.”. Je voudrais qu’on donne à ce mec une médaille, c’est le champion du tir sur l’ambulance.

Puis apparaît un autre bandeau, pendant que le piano continue : “Des milliers de célibataires ont accepté de participer à une expérience scientifique unique”. Déjà, je me pose des questions. Des milliers, vraiment ? Je peux avoir les chiffres ? Nan, mais les vrais, hein. Pas ceux pour la pub. Plan en transparence sur des gens qui répondent à des questionnaires sur des tablettes hi tech avec stylet et tout. Gros travail sur l’esthétique pour nous montrer que les “scientifiques” qui font des tests, eh ben c’est pas des manches.

“Grâce aux progrès de la science, on peut savoir mieux que vous-même de qui vous allez tomber amoureux !”

Je demande à ce qu’on prenne un temps pour digérer cette phrase supposée nous convaincre. Je sais que l’amour, c’est un tas de réactions chimiques et électriques de notre cerveau, mais je vois difficilement ce que ce monsieur à la prononciation bizarre a comme arguments. Mais passons encore.

Et voilà, on commence à nous dire que les mecs, là, ils ont des putains d’outils et de trucs et de bidules, certifiés, qui fonctionnent pour savoir en gros avec qui tu vas pouvoir te caser sur le long terme. Ce qui revient déjà à te dire que “C’est pas toi qui sais. Nous on a la blouse blanche, alors ta gueule, c’est pour ton bien.”. L’eugénisme c’est pour quand ?

J’y reviendrai aussi.

“Ces célibataires compatibles vont prendre un engagement fou”, “…l’engagement le plus fort[…] : se marier.”.

Compatibles… oui, comme le nouveau foie de votre sénateur. Compatible. En très peu de mots, le message est clair : vous n’êtes plus maître de vos émotions, des gens le font pour vous, et vous allez dire oui aveuglément. Vous êtes une donnée, un numéro, une suite de statistiques, un tuple dans une base de données.

Et « l’engagement le plus fort » ? Donner de sa moelle ? Donner un organe ? Faire un enfant ? Nan, parce que c’est quand même plus important, non ?

Et là, le twist arrive : les gens, eh ben ils ne se rencontrent pas avant le jour du mariage. Bon gros twist, ouais. Je te raconte pas la partie de poker. Faut pas qu’elle soit moche. Ou qu’il ait une calvitie. Je sais pas si c’est avoir des couilles en acier, ou si c’est juste complètement insensé, et même démesurément inconscient.

On notera qu’on nous montre bien deux personnes se lever en disant que ça ne correspond pas à leurs valeurs. Et c’est bien de montrer ça, ça donne du « crédit » à l’émission. Parce que si on voit des gens dire non, ça permet de légitimer le propos. Comme dans ces films où on suit des militaires à l’entraînement, et y’en a qui peuvent pas tenir parce que l’armée c’est pas leurs valeurs ou qu’ils sont pas adaptés. Du coup l’emphase est faite sur le reste des bleubites. (Je vous renvoie à la partie sur Terre de la première partie de Starship Troopers)

Notez que la femme qui s’en va n’est pas le canon de beauté qu’on nous impose dans la suite. Que des gens beaux, minces, bien habillés, bien…dans la norme.

“Ils vont être obligés de s’investir”. Obligés. Les mots ne sont pas anodins. Obligés de s’investir. Comme dans l’entreprise, quand on fait les séminaires idiots où faut faire des jeux de rôle, des serious games. Vous devez vous investir. Sinon, c’est caca.

Bon on enchaîne sur le truc qui nous est vendu comme étant rigolo : annoncer aux familles qu’on va se marier avec une personne qui nous est inconnue. D’ailleurs, on nous montre pas à quel point ça doit dévaster ces personnes qui se demandent bien pourquoi leur proche va se ridiculiser devant les caméras en faisant une chose aussi abjecte, bien sage comme un mouton.

Et bien entendu, le délire pour ajouter de la crédibilité est que les mairies vont VRAIMENT marier ces gens. Avec signature de contrat, soirée, nuit de noces, voyage de noces, et retour sur les événements. Tout ça pour qu’au final, on voit si on est vraiment bien avec la personne après quelques semaines.

On nous bourrine de mots comme “incroyable”, “inédit”, “formidable”, et même avec le plus gros lieu commun “On n’a qu’une vie, il faut penser à soi”. YOLO, meuf.

Montage sur musique épique et enfin : “Alors pouvons-nous rencontrer notre âme sœur grâce à la science ?”

 

 

Maintenant vous pouvez refermer la bouche.

 

Je ne sais même pas par quoi commencer.

Je vais m’abstenir de tirer sur la télévision, sur M6, sur la real TV, c’est même plus la peine.

Je pense que je suis déprimé.

Je suis déprimé de voir que pour ces personnes-là, qui sont manifestement dans une détresse affective (ou parce qu’ils veulent être dans la norme), arriver à une telle extrémité est quelque chose d’envisageable. Et c’est effrayant. Pas de se faire filmer pendant qu’on fait ce genre de folie furieuse. Non, de se dire clairement :

“Je vais faire une série de tests, mesures physiques et psychologiques, je vais faire partie d’une étude en aveugle pour rencontrer l’âme soeur. Âme soeur que je ne verrai jamais sauf le jour de mon mariage arrangé avec elle, devant la mairie, et devant tout un tas de gens qui se seront déplacé de loin pour célébrer quelque chose d’aussi important que l’union civile, avec les frais que ça engendre, et les questions psychologiques qu’on met de côté. Et attention, ce sera même pas un mariage pour de faux. Ce sera un vrai truc où je serai marié(e) avec quelqu’un, aux yeux de la loi. Et j’y crois. Puisque c’est de la SCIENCE.”

Qu’est-ce qu’il s’est passé pour qu’on en arrive là ? Dans quelle détresse psychologique s’est-on mis pour se dire que c’est tout à fait envisageable ?

Outre le fait qu’on mette la barre plus haut que des émissions à la con comme Loft Story, The Bachelor, etc… On va au devant d’énormes problèmes.

Parce que ce genre de conneries est très probablement voué à devenir une norme.

Parce que maintenant, vous ne décidez déjà plus comment on soigne votre cancer.

Parce que toutes les instances vous rappellent constamment comment comment vous devez penser.

Parce que vous devez être surveillé, c’est pour votre bien. Bien sûr, vous n’avez rien à cacher. Rien du tout. Vous êtes clean, citoyen. Pour le moment…

Je vais juste dire quelques mots : mariages arrangés. Oui, vous savez, ces trucs où des jeunes ne se voient pas, et se rencontrent seulement le jour de leur mariage, et tant pis pour la suite. Ils sont mariés, maintenant. Ils doivent être heureux.

Personne encore ne soulève la gravité de la situation dans laquelle nous allons. Parce que bien entendu, au final, qu’une bande de personnes en détresse sentimentale se retrouvent à la télé à participer à ce genre de programme n’est que le début.

C’est un pas de plus vers la programmation à la naissance de votre vie professionnelle, de votre vie amoureuse, de votre vie tout court.

Être destiné à faire ce qu’on vous dit de faire. Sans broncher, parce que la SCIENCE vous dit de le faire. Avant c’était parce que c’était écrit, ou parce que telle ou telle divinité était impliquée. Enfin, que les instances religieuses disaient que c’était comme ça, et que le contraire vous envoyait direct à la case “paria”.

Je n’ai encore vu personne s’offusquer de la présence de ce programme. Pas du programme TV, hein, je parle du programme de rencontre. Ce truc supposément scientifique, où on prend un psy, un sexologue, ou je ne sais quel “scientifique”. “On se laisse prendre au jeu” écrit un site d’informations.

Cette émission s’appelle “Marié au premier regard”. Ce pourrait être un nom d’un reportage d’Envoyé Spécial sur des pratiques craignos de mariage forcé. Pensez-y.

J’attends vraiment de la part de toute personne sensée une levée de boucliers face à cet aberration qu’on nous vend comme étant une norme à venir. Qui que vous soyez, manifestez-vous, ne laissez pas croire que le consensus est d’accepter ce genre de pratiques. Vous ne voulez pas qu’on vous dicte comment vivre votre vie, je suppose. C’est pour cela qu’il est nécessaire et d’utilité publique (si, si) de dire non à tout ceci.

Parce que sinon, je ne vois plus pourquoi nous défendons encore la liberté d’expression, la liberté de disposer de nos corps, la liberté de pensée, la liberté de choix.

Et pour ceux qui veulent capituler :

Vous pouvez circuler, maintenant, citoyen. On a trouvé une émission parfaite pour que vous arrêtiez de vous impliquer dans les élections à venir.

Guitbass, le guide pour les nuls

Dans l’épisode précédent :

Votre serviteur et moi-même (?) nous vous avions expliqué comment transformer votre six cordes en basitar (deux cordes). J’ai pu faire mon fanboy en ayant eu une super réponse de la part de Chris Ballew concernant mes questions à propos de la justesse de l’instrument. Et normalement, vous savez comment faire maintenant.

J’ai également eu des légers soucis de branchements, il a fallu que je l’amène à réparer à Broc N Roll, mon magasin favori en matière d’instruments. Ce genre de réparation coûte 25€, pour information.

Passons du coup à la suite. Comment donc qu’on fait une guitbass, et c’est quoi l’intérêt ?

Répondons à la deuxième d’abord. En jouant sur seulement 3 cordes, vous vous concentrez sur des power chords, en barré, puisque vous vous accordez là en drop C#; soit C#, G# et C#. Il faudra se décaler d’une corde seulement, pour avoir l’attaque pas trop loin, et éviter de torsader le manche. Donc vous mettez une de 0.58 sur le A, une de 0.46 sur le D et une de 0.36 sur le G. Et vous accordez le tout en drop C#.

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La chance que j’ai eue, c’est de trouver une Lâg Jet en très bon état pour 50€. Du coup, ce fut presque un déchirement de la modifier, le son étant vraiment très bon, la guitare réactive, et avec un PUTAIN DE SUSTAIN DE MALAAAADE.

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[En même temps, avec un dos comme ça…]

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[Le matos nécessaire une fois de plus : un accordeur, vos cordes (j’ai du 0.59, ils n’avaient plus de 0.58), une pince coupante/serrante, un tournevis]

Voici des plans serrés pour que vous voyiez bien ce qui a été fait :

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[Notez le tendeur des cordes 5 et 6 que j’ai enlevé, en plus des mécaniques]

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[Avec le serrage, tout se remet en place progressivement, mais on peut remarquer un petit twist sur les pontets, en plus de la hauteur de corde du C# grave qui est plus haute. Un coup de clé Allen spéciale guitare et le creusement du sillet feront le boulot]

Donc il faudra ici aussi virer toutes les cordes, les pontets inutiles et les mécaniques superflues (seul bémol sur ce modèle de guitare, d’ailleurs, les mécaniques sont super proches, on se pince souvent les doigts).

Du coup, on a de nouveau un instrument simple d’abord, où les notions de majeur et de mineur sautent.

Tu prends ta gratte, tu enfiles la sangle, tu fais du barré.

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Ayé, tu peux rocker.

Transformer sa guitare en basitar

(Préambule : J’ai fait un article ici pour dire comment faire une guitbass)

 

Salut tout le monde.

 

Aujourd’hui, on va parler d’autre chose que les habituels jets d’acide, et on va parler musique, et plus particulièrement instruments.

Les Presidents of the United States of America existent depuis les années 90 et se sont faits connaître pour leur énergie, leurs chansons mi pop / mi grunge / mi grave / mi aigu / mi cuit / mi putes / mi soumises, et plus sérieusement pour leurs instruments.

Parce que jouer dans un groupe de rock ne nécessite pas forcément de s’attarder sur toutes les cordes, Chris Ballew et Dave Dederer (remplacé par Andrew McKeag depuis 2005) ont modifié leurs grattes pour obtenir une liberté, une simplicité, une dynamique propre à leur univers.

(bon, j’ai mis une vidéo d’une reprise en concert, donc ça compte pas forcément)

On va s’attarder sur la gratte de Ballew (le chanteur chauve tout fin de 51 ans, là). Les plus avisés auront reconnu une Epiphone SG des familles, mais avec juste deux cordes.

Donc c’est une BASITAR qu’on a là.

Concrètement, il s’agit d’une gratte avec deux cordes à gros tirants, accordée vers le bas. Du 0.60 pour le C#(do dièse) placée là où on met normalement un D(ré), et un G#(sol dièse) en 0.36 sur la corde de B(si). Vous jouez plus bas, en Open C#, mais au milieu du manche. Tout ceci pour un confort de jeu assez plaisant, et facile, bourrin, qui permet de sautiller partout sur scène tout en restant efficace. Les plus réfractaires vous diront que vous allez « branler votre manche », mais c’est à vous de voir comment vous allez jouer. Après tout, y’a quand même DEUX cordes. Ecoutez donc quelques morceaux du groupe et vous comprendrez.

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(elle n’est pas finalisée sur cette photo)

Alors, une basitar, on fait ça comment ?

Déjà prenez une gratte, de préférence déjà usée par le temps et l’usage, que vous n’avez pas peur de défoncer un peu. Ou alors faites le riche et mutilez pour l’occasion une Fender signature [insérez un mec connu]. Pour la première que vous modifiez, choisissez un truc pour vous faire la main.

Dans mon cas, c’est une Vision type Stratocaster qui est passée au bistouri tournevis, et qu’on m’a gracieusement donnée. Merci encore au donneur. Je vous épargne les détails mais en gros, elle a bien 10 ans ou plus, achetée dans un pack, et laissée à l’abandon pendant 7 ans. Elle a la particularité d’être lourde et solide, ce qui est un plus. Il a fallu que je la bombarde de WD40 pour la dégripper, malgré ça  certaines parties ne bougent plus trop (comme la barre de réglage, qui est soit rouillée, soit hyper tendue).

Alors pour commencer il faudra s’équiper de vos deux nouvelles cordes, et de ça :

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La lime à ongles basique

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Un cruciforme en qui vous avez confiance

Voilà, vous avez vos cordes, vous outils, commencez par virer celles qui sont déjà là. VIREZ TOUTES LES CORDES, J’AI DIT !

Maintenant, glissez la corde de 0.60 dans le D, et allez-y doucement en haut au niveau du sillet. C’est pour essayer de l’élargir sans trop de profondeur, sinon vous êtes bon pour le faire changer à nouveau, et vous ne voulez pas changer un sillet pour une mauvaise manip’, donc allez-y doucement.

Faites de même avec la 0.36 dans le B, et doucement, là aussi. Le problème est moins fréquent mais présent quand même pour beaucoup d’instruments.

Bien, maintenant vous vous accordez en C#0.60 et en G#0.36. Laissez reposer un peu la bête après avoir gratté un peu et testé le rendu. Si tout va bien, vous ne frisez pas sur les frettes et vous êtes juste sur tout le manche (j’y reviendrai).

En jouant vous avez probablement eu ce problème : IMG_20160809_084912

LA LA LAAAAA JE RESTE PAS EN PLACE !

C’est à ça que va servir la lime à ongle. Entamez légèrement vers la gauche et la droite sans creuser vers le fond. A force de jouer et de réaccorder les cordes neuves vous devriez arriver à creuser suffisamment pour que ça reste en place.

Bon, maintenant, on va virer le superflu. Et ça comprend aussi les mécaniques et les pontets.

C’est pour ça qu’on a pris un tournevis :

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Pour virer les mécaniques qui ont des petites vis. Vous n’avez pas besoin de 4 mécaniques qui risquent de parasiter votre son en vibrant.Et puis ça fait classe, hein ?

Pareil pour les pontets :

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En plus ça fait mal quand il en reste sans corde. Sans parler du bordel que ça fait avec les ressorts, quand il n’y a pas les cordes.

 

Voilà, vous avez mutilé une guitare et vous avez donc une basitar. Facile à jouer, à prendre en main, et parfait pour jouer du stoner, du grunge, des chansons pour enfant (si, si), du blues, du rock, et même du metal (DOES IT DJENT ?!).

Vous noterez que j’insiste sur le terme « mutiler ». En effet, vous déformez votre guitare quelque peu, et bien que ce ne soit pas irréversible, c’est quand même du boulot pour en refaire une six cordes.

Je n’ai pas encore fait de prises de son pour vous donner une idée du rendu, mais je mettrai à jour l’article bientôt pour ça. Je reste disponible pour ceux qui auraient des questions, sachant que je suis loiiiiin de tout savoir à ce sujet.

Je compte faire une guitbass, bientôt, également. J’en ferai un article aussi. Il sera bien plus court aussi.

Si vous voulez en savoir plus, je vous conseille le site de ce monsieur, qui est une sacrée référence en la matière et que je remercie au passage.

Fin.

 

EDIT Post-traitement : j’ai pu voir avec un professionnel pour régler un problème de justesse le long du manche. Etant donné que j’ai fait ça sur une guitare un peu moisie, aux mécaniques et pontets fatigués, vieux, usés… Je n’aurai jamais une basitar juste sur tout le manche. Il faudra que je fasse ça avec une guitare soit neuve, soit bien entretenue. Je pense lorgner sur une SG également, pour des questions de confort, mais rien n’est fixé. En attendant je vais faire une guitbass avec mon Epiphone Les Paul. Bientôt sur vos écrans.

 

SECOND EDIT : Chris Ballew est quelqu’un qui répond à son fan mail en moins de 24 heures. Du coup, j’en ai profité pour lui demander si j’avais un risque de tordre le manche avec des grosses cordes. Il m’a répondu que non, j’avais juste un risque d’instabilité étant donné que des parties du manche se retrouvent sans cordes. Merci Chris !